Aller au contenu. | Aller à la navigation

Accueil Association ISRAA Dispositif Habited, un dispositif pour l’habitat inclusif de personnes ayant des troubles du spectre autistique, Roncq, France
Pour aller plus loin
Association ISRAA
  • 60 rue J.F. Kennedy 59290 Wasquehal France
  • 06.20.19.94.30
  • asso.israa59@nullgmail.com
  • Fabienne DE OLIVEIRA
  • asso.israa59@nullgmail.com


Dispositif Habited, un dispositif pour l’habitat inclusif de personnes ayant des troubles du spectre autistique, Roncq, France

  • Résidentiel : Vie autonome
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par Fabienne DE OLIVEIRA le 21/08/2017

Certaines personnes ne se retrouvent pas dans l’institution. En particulier celles qui affichent un potentiel d’autonomie qui ne demande qu’à se développer. Or la palette des places, proposées aujourd’hui aux personnes ayant un trouble du spectre autistique, n’offre pas ces choix.

 

  1. Le contexte

 

L’association ISRAA initiatrice du projet se situe à WASQUEHAL, dans le département du Nord, près de Lille. Le ‘dispositif Habited’, contraction de habitat et TED,  se situe à RONCQ.

Créée en 2011 par Mme de Oliveira, maman d’une jeune femme autiste, ISRAA a le  projet de développer de nouvelles formes d’accompagnement permettant aux personnes autistes d’accéder aux dispositifs de droit commun dans le milieu ordinaire.

Le dispositif Habited est son premier projet. Son intention est de développer dans l’agglomération d’autres réponses d’habitat inclusif dans une logique de parcours, pour des personnes ayant des profils différents. Sur le territoire national, le projet est d’apporter une expertise, en accompagnant d’autres associations qui souhaiterait mettre en place des réponses similaires. Environ 35 associations se sont déjà manifestées depuis que l’association a bénéficié d’une couverture médiatique.  

 

  • Dix personnes ayant un trouble du spectre autistique sont actuellement locataires de logements adaptés à Roncq. Leur nombre n’ira jamais au delà pour garder l’aspect familial et la cohésion du groupe. Leurs troubles sont divers. Il y a des personnes autistes avec ou sans déficience, avec ou sans troubles de praxie. Ce qui peut également causer de grandes difficultés, ce sont lestroubles perceptifs ou sensoriels.

     

     

  1. La finalité de l’expérience

 

Nous avons créé ce dispositif, d’abord parce qu’il n’y avait pas de réponse existante pour nos enfants. La France a accumulé un certain retard pour les personnes autistes. Les réponses dans les institutions actuelles sont insuffisantes et inadaptées. Il y a une multitude de formes d’autismes. Plusieurs d’entre elles ne se retrouvent pas dans l’institution. En particulier celles qui affichent un potentiel d’autonomie qui ne demande qu’à se développer. Quand les personnes autistes ont bénéficié de stimulations importantes durant leur enfance et leur jeunesse, elles continuent de progresser et peuvent avoir des projets d’autonomie. Or la palette des places proposées aujourd’hui n’offre pas ces choix. 

L’attente des familles de l’association ISRAA était d’amener leurs enfants vers le plus possible d’autonomie, vers l’autodétermination. Chacune de ces familles pense à l’après, au moment où elles ne seront plus là. Alors elles ont naturellement le désir que leur enfant se débrouille dans la vie dès maintenant, avec malgré tout la béquille nécessaire pour leur permettre d’avancer.

HabiTED est une solution moins onéreuse que l’institution car les personnes autistes qui y vivent sont actrices de leur vie et assument financièrement leur loyer.

Il est bon de toute façon que les formes de réponses se multiplient pour être au plus près des besoins des personnes.

 

  1. La mise en œuvre, le déroulement

 

Nous avons démarré en 2012. Il a fallu 4 ans pour monter le dispositif. Nous avons fait une première étude-action qui a révélé les besoins. Nous avons alors rencontré un bailleur social qui était propriétaire d’un terrain sur Roncq, puis le Maire de Roncq qui a donné accord et un soutien pour le montage financier. Dans le dispositif ont été aussi impliquées des associations du champ du handicap, de l’aide à domicile ainsi que le Centre de Ressources Autisme. 

Les bénéficiaires disposent de 36 m2 privatifs en studio, avec une cuisine et un séjour séparé du coin nuit. Ils bénéficient également d’un appartement de 4 pièces de 80 m2 avec un usage collectif. Il y a une laverie et un espace commun à usage de salon. L’association ISRAA a ses bureaux pour l’instant dans les chambres de l’appartement.

 

 

L’originalité du dispositif Habited est que ce n’est pas une structure. Les logements sont classiques, attribués par une commission d’attribution complétée des professionnels partenaires. Ils sont intégrés dans un parc locatif classique. Il ne s’agit pas d’un financement type « prix de journée ». Les locataires bénéficient d’une aide personnalisée au logement. Le reste à charge pour le locataire est de 250 à 300 € par mois. Chaque personne perçoit au minimum l’allocation adulte handicapée pour payer ce loyer.   

L’autre originalité est qu’on s’appuie sur une mutualisation de prestation de compensation au handicap –PCH-. Chaque locataire bénéficie d’un droit à la PCH. La mutualiser permet cependant d’optimiser les interventions, tel qu’un accompagnement individuel sur des notions de guidance. En mettant les PCH en commun, on dégage un nombre d’heures conséquent.

Cela permet aussi de former les intervenants, de faciliter la communication et de proposer des postes en CDI temps plein. L’équipe d’accompagnement est sur place.

A ce jour, cette mutualisation s’appuie sur un conventionnement avec un service à domicile existant dans la commune proche. Les personnes accédant à HabiTED acceptent de mutualiser leurs PCH et de s’entendre sur le service prestataire choisi.

L’association ISRAA porte le dispositif. Elle est présente une bonne partie du temps. Elle coconstruit, avec le SAVS ou SAMSAH associé au projet, le projet personnalisé individuel et assure la coordination entre tous les partenaires. Elle assure également l’accompagnement et le soutien technique des intervenants du service à domicile, pour en garantir la cohérence la plus adaptée aux particularités de l’autisme.     

Les locataires, pour se voir attribuer un logement, doivent remplir les critères définis par un comité de pilotage (avoir un diagnostic d’autisme et une évaluation fonctionnelle, avoir acquis le verbal, pouvoir se déplacer dans les transports, savoir s’occuper seul en journée).

 

 

  1. Les moyens nécessaires  pour ce dispositif

 

 

La coordination est assurée par un poste à mi temps financé par le Conseil Départemental. Grâce à la mise en commun de la prestation de compensation du handicap, le quota permet de s’appuyer sur 3,8 postes à temps plein (Aide médicopédagogique, Aide-Soignant). Il y a également le passage régulier de référents éducateurs spécialisés du SAMSAH ou SAVS partenaire (APEI Roubaix Tourcoing).

 

 

  1. Quelle évaluation faites-vous aujourd’hui ?

 

Au niveau des personnes, pas d’échec depuis l’installation, les 10 locataires actuels sont les mêmes depuis janvier 2016. Il a néanmoins fallu quelques mois pour qu’ils trouvent leurs repères. Des progrès ont déjà été observés chez certains. Maintenant qu’ils se sentent en sécurité dans leur nouvel environnement, ils viennent plus facilement évoquer leurs besoins. Cela demande de la part de l’équipe une attention permanente. Il est essentiel que les personnels soient formés. Et ce de manière continue. Nous sommes passés par le Centre Ressources Autismes et EDI Formation.

Comme ce sont essentiellement des adultes venant de chez leurs parents, les familles ont une présence et une implication importante sur le dispositif.

 

Les principales difficultés résident dans le fait qu’aujourd’hui, il n’y a pas de cadre sur la mutualisation de la PCH. Quand on est précurseur, il faut tout formaliser pour tout conforter au niveau juridique. Le dispositif Habited relève du droit commun. Or Il n’y a pas d’autres expériences pour les personnes autistes. C’est parfois compliqué de ne pas avoir de modèle.

 

Mon expérience m’a enseigné que s’il n’existe pas de modèle sur lequel s’appuyer, on risque de s’éparpiller. Si les habitats, innovants et inclusifs, sont des solutions qu’il y a lieu de développer et de conforter, il faut toujours rester vigilant à la particularité du public qui s’y installera.

 

 

Langue d'origine : Français
Frédéric Laisné
04/09/2017 10:21
Bonjour,
Je suis responsable d'un Savs parisien et nous pratiquons déjà depuis plusieurs dizaines d'année l'habitat inclusif (appartement partagé et studio associatif), mais nous n'avons pas encore tenté d'y installer des personnes avec autisme. Nous sommes intéressés par votre expérience . Comment pourrions nous vous rencontrer?
D'avance merci pour votre réponse.
Cordialement.
Frédéric Laisné.
www.didot.asso.fr
Ajouter un commentaire

Vous pouvez ajouter un commentaire en complétant le formulaire ci-dessous. Le format doit être plain text. Les url et les courriels sont transformés en liens cliquables. Les commentaires sont modérés.

Question: 4 + 4 = ?
Votre réponse: