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Restaurer l'écriture déficiente par la graphothérapie

  • Enfance
  • Europe : France
  • Témoignage

Par Câline Harmand de Langloy le 27/12/2010

 

 

La graphothérapie a pour objectif de restaurer une écriture déficiente afin d’acquérir une écriture suffisamment  efficace, lisible et rapide correspondant à l’âge et à la classe de l’enfant sans fatigue ni douleur.

 

Le ou la graphothérapeute du GGRE (groupement des graphothérapeutes rééducateurs de l’écriture – www.ggre.org - ) suit d’abord des études de graphologie pendant trois ans  avant de se spécialiser en graphothérapie pendant 2 ans. Cette formation théorique et pratique débouche sur un certificat de formation.

 

L’activité de graphothérapie  n’est pas reconnue par la Sécurité sociale, les consultations ne sont donc pas remboursées, même si des  pathologies lourdes peuvent être prises en charge par certaines mutuelles.

 

Certains graphothérapeutes exercent leur profession au sein d’un cabinet regroupant des orthophonistes, des psychologues, orthoptistes ou autres professions susceptibles d’aider l’enfant car la graphothérapie ne saurait être la seule aide mise en œuvre pour des petits patients notamment dans les cas de dyslexie, dysorthographie, dyspraxie ou autre handicap plus important.

 

Public concerné

 

Les enfants pris en charge ont généralement entre  6 et 20 ans, (la majorité de notre patientèle sont des enfants entre 8 ans, correspondant à la classe de CE2 après 2 ans d’apprentissage de l’écriture et 15 ans), cependant une graphothérapie peut être recommandée à certains adultes qui ont des difficultés d’écriture. Les enfants qui viennent nous consulter souffrent en général d’un trouble de l’écriture tel que la lenteur, l’illisibilité, une écriture peu soignée, avec de mauvaises formes, trop appuyée, saccadée. Douleur et fatigue peuvent accompagner ces troubles.

 

Si Caline Harmand de Langloy reçoit principalement des enfants non atteints de handicap mental, elle suit actuellement une jeune fille, Claire, atteinte de trisomie, et ce depuis 2 ans maintenant. Lorsque Claire commence la rééducation en graphothérapie, elle  a 12 ans et est parallèlement  suivie par une orthophoniste du cabinet. Elle sait lire, mais son langage n’est pas toujours facile à comprendre, elle réussit à copier des mots en écriture bâton. L’orthophoniste demande à la graphothérapeute s’il serait possible de lui apprendre à écrire en écriture cursive…et pourquoi pas ?


Le déroulement d’une séance de graphothérapie

 

Les séances hebdomadaires durent environ 45 minutes, il est effectivement important que les patients aient un suivi régulier. La prise en charge oscille entre 5 séances et une année, cela dépend de chaque enfant, de son trouble graphique, de sa réceptivité, et surtout de son investissement personnel (un enfant qui ne voit pas l’intérêt de venir fait peu de progrès ou plus lentement). Il est en effet primordial d’établir tout d’abord une bonne relation avec l’enfant  afin qu’il se sente en confiance.

 

Le premier rendez-vous commence par un bilan complet. Accompagné par ses parents  pour l’anamnèse (histoire de l’enfant, sa fratrie, son parcours scolaire) , l’enfant passe ensuite des tests d’écriture, de latéralité, de lecture, de repérage dans l’espace.

 

Chaque séance commence par la relaxation du geste graphique et la respiration abdominale. L’enfant peut ainsi relâcher ses tensions et ses crispations afin d’être plus à l’écoute, plus réceptif.

 

Puis la séance se poursuit par un travail de motricité fine, pour aider l’enfant à développer la souplesse et la sensibilité de ses doigts. Dans le cas de Claire, toute découverte graphique  se doit d’être tactile, les graphismes de base boucles, coupes, ponts, oves ont besoin d’abord  d‘être sentis avec la pulpe de son index sur divers supports, puis  verbalisés. Ce rituel est important pour que Claire puisse engrammer le graphisme.

 

Selon l’âge et les capacités  ou goûts du patient, nous devons adapter l’exercice de façon plus ou moins ludique et c’est toute une mallette d’astuces et de créativité que nous devons mettre en place. Chaque enfant est unique et chaque rééducation est différente c’est donc au  graphothérapeute d’adapter sa séance à l’enfant pour qu’il progresse avec envie sans jamais s’ennuyer.

 

Puis viennent  les exercices de  « tracés glissés » puis de grande progression, permettant de travailler la détente et la souplesse du geste, d’intégrer la forme et l’amélioration des positions. Pour ces exercices Claire ne supporte pas d’instrument et trempe son doigt dans de la poudre de craie afin de dessiner le tracé glissé avec la pulpe de son index et sentir ainsi directement la forme du tracé sur le tableau noir.

Même situation dans l’espace, Claire humidifie son doigt afin de sentir l’air déplacé par son geste lorsqu’elle dessine son graphisme. Puis, nous faisons le même exercice sur une grande feuille sur plan horizontal. Le graphisme se fait  avec de la peinture sur  la pulpe de son index.

Les formats deviennent de plus en plus petits, les doigts apprennent à se positionner sur les crayons, l’appareil graphomoteur se met en marche.

Ce même geste peut être aussi répété dans un plateau de semoule ou de sable afin d’obtenir une meilleure compréhension de l’appui.

 

Chaque séance se termine par un jeu choisi par l’enfant avec ou sans la graphothérapeute, tous les jeux proposés ont trait à la graphothérapie.

 

Basée sur la méthode de Robert Olivaux, la phase « graphisme » fait travailler l’enfant sur les notions de direction, d’organisation spatiotemporelle, de rapport à la forme, à la détente, et à l’assouplissement du geste. On arrive ainsi à restaurer les graphismes, qui une fois acquis, facilitent le tracé des lettres.

 

A chaque prise en charge, il est primordial que l’enfant ait réellement envie de suivre une rééducation pour améliorer son écriture. Si ce n’est pas le cas, le processus ne fonctionnera pas. Une vraie coopération est donc nécessaire pour aboutir à un résultat.

 

Moyens utilisés

 

Des outils particuliers sont utilisés, tels qu’un tableau noir et un tableau Velléda, une grande table pour faire travailler l’enfant sur divers supports grands formats, un tabouret tripode qui peut s’adapter à la taille de l’enfant, de gros crayons de couleurs ou feutre à trois facettes ce qui facilite l’appréhension et évite les crispations éventuelles.

 

Pour les exercices d’assouplissement des doigts, on emploie divers matériaux ou objets : pâte à modeler, balles, tissus, tout ce qui peut aider à développer la sensibilité de la pulpe des doigts et faciliter l’appréhension du crayon.

 

CONCLUSION

 

 

Travailler avec des enfants apporte beaucoup de plaisir ainsi qu’une grande satisfaction lorsque l’on voit les progrès atteints. Il faut savoir que la graphothérapie peut aider l’enfant  sur le plan postural (tenue du stylo et posture du corps face à la feuille), ou sur l’aisance (souplesse du geste graphique) et qu’ainsi  son écriture évolue. Par voie de conséquence l’image que l’enfant  à de lui-même  s’améliore et il retrouve une confiance en lui qui est profitable à la fois à la tenue de ses cahiers mais peut aussi avoir une répercussion sur ses résultats scolaires, sur son comportement à l’école  et à la maison.

 

Claire  prend sa rééducation de graphothérapie très à cœur et vient avec plaisir en me montrant les exercices qu’elle a faits seule avec application. Elle commence à bien  comprendre le geste graphique et la position de la main. Avec de petites astuces, la verbalisation et la sensation tactile, Claire arrive à retenir le bon ductus (sens) des lettres et la technique des liaisons. L’écriture cursive remplace les lettres bâton.

 

La route est longue, mais petit à petit les progrès pointent le bout de leur nez et lorsqu’ils arrivent, Claire le sent et le voit et dit « MAGNIFIQUE » avec un sourire resplendissant… Pour nous graphothérapeutes, c’est un beau moment.

 

 

 

 

 

 

 

 

Langue d'origine : Français
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