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L'implication d'un praticien dans la création d'une association des parents d'enfants IMC à Kinshasa en R D C

  • Généralité
  • Afrique : Congo
  • Fiche d'expérience

Par mpaka le 05/08/2010

Contexte : Cette action a pris corps dans le centre de rééducation pour handicapés physiques CRHP de Kinshasa en RDC, ouvert en 1958. Le centre est géré par la Congrégation des Frères de la Charité, une Congrégation d’origine belge, qui gère neufs centres en RDCongo, dont cinq accueillent des personnes ayant une maladie mentale. Le CRHP est un des lieux les plus fréquenté à Kinshasa pour la réadaptation fonctionnelle. Il possède un bloc opératoire et des lits d’hôpitaux.
Le lieu où s’est situé cette création est le service de réadaptation fonctionnelle. Ce service a en son sein 4 unités :
- Une unité neurologie centrale enfants, accueillant des enfants essentiellement IMC, agés de 15 jours à 14 ans.
- Une unité neurologie adultes, traitant principalement les hémiplégies, mais aussi les para et tétra-plégies, post traumatiques ou AVC…
- Une unité ortho-trauma,
- Une unité physio-thérapie (Electro-thérapie).
Le responsable du service est Mr Celestin MPAKA MAKING, Kinésithérapeute. C’est lui aussi qui est l’initiateur de la création de l’association des parents des enfants IMC.


La Finalité : Quelles sont les questions auxquelles on voulait répondre en créant cette association ?

- Sensibiliser les parents sur les questions que posent leurs enfants, à accepter l’handicap de leur enfant, au traitement permettant à leur enfant de s’intégrer dans la société en apprenant un métier (enfants scolarisables), à sensibiliser l’Etat, car un parent seul ne peut pas grand chose, mais en groupe, on a du poids pour faire entendre sa voie. C’est aussi la possibilité de contacter d’autres associations dans le monde. car il y a d’autres solutions pour ces enfants que de les condamner.
- Si on les soutient, l y a des possibilités de scolarisation. Mais quand on est seul, c’est difficile de résoudre un problème. Seul, c’est impossible de sensibiliser l’Etat. Et puis les traitements sont très longs, il n’y a pas de sécurité sociale. Alors, il y en a qui abandonnent en route à cause du coût et du découragement. Un parent seul ne peut demander l’ouverture d’une école, mais plusieurs regroupés peuvent faire entendre leur voix. Quand on est en association, on peut contacter d’autres associations de par le monde, afin de voir comment eux-même ont réussi.

Pourquoi vous avez fait ça en tant que professionnel ?

Moi, je suis technicien, je ne suis pas parent, mais je compatis aux difficultés des parents d’enfants que nous prenons en charge. Le praticien seul ne peut pas faire entendre sa voix sur les besoins qu’ont ces enfants. En créant l’association, cela nous permet à créer une force ensemble, praticien et parents. En incluant le praticien dans la demande des attentes des parents, on peut mieux faire marcher les choses. Avant les Kiné faisaient leur job et puis fini. Mais j’ai fait le choix de m’impliquer car les parents étaient ignorants. Une fois formés ; ils peuvent prendre leur envol et faire seuls. Le praticien devient alors un consultant. Nous ne traitons pas seulement le handicap, mais le tout chez l’enfant, toute la personne.

La mise en place de l’association

Quand l’association a –t-elle pris son envol ? Comment ça a commencé ?

Nous avions mis en place des séances de sensibilisation, dans lesquelles, on expliquait la maladie, les causes, on essayait de changer les mentalités ( en Afrique, au Congo en particulier, toute maladie, tout décès a une cause surnaturelle, surtout sur le handicap associé au mauvais sort)
Un anecdote pour montrer comment la croyance reste que l’enfant malade mental est un sacrifié: de ménages ont rompu parce que l’épouse pensait que le papa qui venait de monter en grade avait obtenu cet avancement en sacrifiant les jambes de son fils. De même certaines familles pensent que leur fils est tombé malade parce que le père fait une carrière politique et se comporte en arriviste. Le sacrifice de sang est pratiqué par magie, mais au lieu de prendre la vie du fils, pour réussir, on prend la raison, ou la fonction d’un membre… .
Pour ces raisons, nous avons voulu sensibiliser aux vraies causes scientifiquement démontrables des pertes de capacité fonctionnelles, qu’elles soient d’origine bactériologique, neurologiques, traumatique ou autres.

Au fur et à mesure qu’on avançait, on a ressenti le besoin de créer un regroupement, de s’encourager mutuellement, de chercher la solidarité des membres. Par le jeu des témoignages, les parents se sont rendu compte que leur pensée était erronée et ont ressenti le besoin de recourir à la médecine et d’aller à l’hôpital. De même se faisait sentir le besoin de scolarisation. Nous étions amenés à réfléchir à cela et à les encourager à s’associer.
Pendant les séances de kiné, des échanges ont eu lieu qui ont permis cet objectif. Le service social a aussi contribué en permettant l’inscription des enfants à l’école, ou dans des ateliers du CRHP, permettant aux personnes de gagner leur vie (ex : le restaurant ou le Centre de Mvuma avec une activité agro-pastorale). Des personnes vivant avec un handicap ont été formées comme techniciens orthopédistes et travaillent dans l’atelier du centre.
Membres : en principe tous les parents des enfants fréquentant le centre sont membres de droit. Un comité de 6 à 10 personnes gère cette association. Un local du centre est mis à leur disposition, jusqu’à ce qu’ils aient la possibilité d’avoir un autre local.
On est tout juste au début, l’association n’en est pas à un stade où, pour faire respecter les droits, elle peut revendiquer des moyens.

Evaluation, bénéfices, limites :

- Changement de mentalité des parents par la sensibilisation à l’origine du handicap, car certains consultaient de voyants, avec un discours erroné qui était néfaste pour les enfants. Aujourd’hui ce n’est plus le cas.
- d’autres parents étaient découragés (par le manque d’argent, le déplacement géographique...), mais à entendre les témoignages des autres sont devenus assidus et font tout pour trouver l’argent de l’abonnement aux soins
Il ne faut pas cacher que certains abandonnent malgré tout en cours de route et quittent les soins, par manque d’argent principalement.
Si l’association pouvait mobiliser des ressources, elle pourrait prendre en charge les plus démunies.

Pour être complet il faut ajouter que pendant les séances de sensibilisation, des comédiens de renom sont venu présenter sous formes des saynètes des situations relatives à la vie des personnes handicapées : abandon, discrimination des hémiplégiques. La malaria étant une des causes des AVC, nous avons construit une saynète sur l’utilisation de moustiquaire imprégnée et sur le comportement à prendre s’il y a inoculation par le moustique.

A côté de ces actions, le CRHP a initié la création d’un orchestre composé des personnes handicapées.
Le Kiné a aussi réussi à mettre en place des équipes sportives pour handicapés :tenis de table,  Basket-ball, course en fauteuil roulant…
Autant d’actions qui nous permettent de croire dans l’avancée des droits et le changement dans la vie des personnes fragiles que nous soignons et accompagnons.
Langue d'origine : Français
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