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APSI Association de prévention, soins et insertion
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Un toit, un chez soi d’abord, le credo de l’APSI pour des personnes fragilisées, marginalisées ou exclues par un handicap psychique, Val de Marne, France

  • Inclusion : Citoyenneté / Transport
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par Didier Malhomme le 28/09/2016

Le postulat de départ, c’est un ‘toit repensé’. La priorité est mise d’abord dans les éléments fondamentaux de vie pour une personne, avoir un toit, un chez soi. Ensuite on voit pour les problèmes de relation, de santé, mais d’abord leur offrir un chez soi.

 

  1. Le contexte

 

 

  • Où se situe l’action de l’APSI, le siège de l’association ?

     

    L’APSI a son siège dans la ville de Sucy en Brie. Ses activités sont implantées sur le Val de Marne et la Seine St Denis

     

  • Votre association, un mot sur son projet …

     

    Fondée en 1967, son but est de promouvoir la santé et la socialisation des personnes. Elle mène pour cela une action solidaire et territorialisée pour la prévention, les soins et l’insertion. Elle gère 30 établissements, et avec ses 400 salariés et bénévoles, accompagne près de  4000 enfants et 700 adultes en difficulté psychique et sociale. 

    Un pôle enfants avec différents établissements et services permet de prodiguer aux enfants des soins de proximité, accessibles à tous ainsi que d’accompagner ceux qui présentent des troubles de comportement, grâce à une prise en charge éducative, pédagogique et thérapeutique.

    L’APSI a développé pour les adultes des activités professionnelles en ESAT, deux foyer d’accueil médicalisés et un dispositif d’insertion dans et vers le logement accompagnant des personnes dont la difficulté psychique est reconnue comme un handicap ou pas encore, dont il est plus particulièrement question ci après.   

     

  1. La finalité de l’expérience

 

  • Quelles sont les situations qui vous ont conduits à privilégier pour le Relais 94 le concept : un toit, un chez soi d’abord ?

     

    C’est avant tout l’expérience qui nous a guidés dans ce choix. L’actuel directeur général a souhaité relancer la structure dans sa dynamique de projets, l’objectif était double : parvenir à répondre à des situations critiques qui ne trouvaient pas de solutions dans le dispositif  traditionnel et sécuriser un dispositif de financements précaires. En  2008, il s’agit d’un SAVS avec des maisons relais. Ce qui a guidé le développement du Relais 94, est la recherche d’une taille d’établissement opérationnelle, pour accueillir tout le monde, aussi bien ceux qui ont des difficultés de socialisation que des addictions, et ne pas exclure. Nous accueillons aussi des personnes sans orientation de la commission des droits et de l’autonomie dont la difficulté n’est pas encore reconnue comme un handicap.

     

  • Pourquoi ‘un toit d’abord’ ?

    Le postulat de départ, c’est un ‘toit repensé’. La priorité est mise d’abord dans les éléments fondamentaux de vie pour une personne, avoir un toit, un chez soi. Ensuite on voit pour les problèmes de relation, de santé, mais d’abord leur offrir un chez soi. Créer une situation nouvelle pour « repanser », c’est-à-dire vivre une expérience singulière avec une enveloppe contenante après des trajets précaires sur le plan matériel et affectif. « Repanser » implique que l’institution soit hospitalière, et ça commence par un sourire, une écoute et un habitat digne et attractif.

    Nous sommes partis du constat que nous avions à faire à des personnes exclues de l’habitat classique. Elles étaient sans domicile fixe, dans une situation où elles n’avaient pas d’offre, ni de proposition, comme dans le cas de ce père alcoolique ne voulant pas habiter en CHRS ou autre habitat collectif.

 

  • Pourquoi cette approche à l’APSI ?

     

    La culture professionnelle à l’APSI est une culture  de soin, de santé. Les personnels de santé voient bien que souvent la difficulté psychique provient de l’absence de toit. Il y a eu un rapprochement de cultures avec l’attente des administrateurs de l’association qui sont élus locaux, confrontés à des situations critiques dans leur ville.  Nous avons su conjuguer les logiques professionnelles et la demande institutionnelle et politique.

 

 

 

 

  1. La mise en œuvre, le déroulement

 

  • Comment avez-vous constitué votre parc locatif ? de quels types de logements disposez-vous ?

    Notre parc locatif est de plus de 400 logements, qui vont des studios aménagés dans des maisons de ville à des appartements à baux glissants. Nous avons un partenariat fort avec les municipalités, les élus, le CCAS et les bailleurs sociaux. La quintessence de la réussite est sans conteste la différenciation des places : vous devez accepter qu’un bailleur social ou un Elu, en faisant appel à vous, veut avoir la paix tout simplement

    Tout se tient. Le maire d’une ville accueillant des jeunes exclus fait appel à nous. Mais comme maire, il a aussi une main sur le logement en lien avec les bailleurs sociaux, lesquels par notre accompagnement ont l’assurance de la tranquillité.

    On n’attend pas de leur part une bienveillance particulière mais ils sont sensibles à notre présence pour réguler les multiples problèmes auxquels ils sont confrontés. S’il y a un problème dans un logement, on en propose un autre au locataire. Il y a différents cas de figure pour les locations qui nous permettent de faire en sorte que l’armature administrative  ou le maquis réglementaire ne soit pas un obstacle. Dans le dialogue, et pour les cas particuliers circonstanciés, les fonctionnaires sont bien plus engagés qu’on ne l’imagine souvent : ils ont l’autonomie pour sortir des règles quand elles ne sont pas vertueuses dans les situations spécifiques.

    Mais il reste que nous prenons des risques. Ils sont supportables, car le volume de notre parc présente des souplesses.

 

  • Comment se passe l’attribution d’un logement, quelles sont les conditions minimales requises ?

     

    L’attribution d’un logement est plurielle, afin de répondre à tous les dispositifs administratifs qui permettent l’accueil de personnes fragiles. L’accueil d’un jeune quittant une maison d’enfants à caractère social est différent de l’accueil d’une personne se présentant dans le cadre du droit au logement opposable.

    Nous avons par ailleurs un accueil d’urgence mère enfant, où les bénéficiaires sont adressés par la direction de la protection de l’enfance et de la jeunesse. L’hébergement s’y fait pour trois mois renouvelable une fois. C’est un accueil dans une belle propriété qui permet aux personnes de se solvabiliser en premier lieu.  Un premier bilan d’étape sur cette action a fait l’objet d’une visite du délégué interministériel à la ville. Il souhaitait avoir un modèle d’insertion dans le logement transposable par ailleurs. La préoccupation du Conseil départemental était une démarche citoyenne pour éviter que les familles se retrouvent  à l’hôtel.

     

  • Quels accompagnements proposez- vous dans ces logements ?

      

    Les propositions d’accompagnement se font en fonction des situations, au cas par cas. Une personne lorsqu’elle fait sa demande est d’abord accueillie dans un logement, seule, ce qui nous permet d’ajuster un projet d’accompagnement à sa situation.

 

La diversification des populations nous oblige à du « sur mesure ». Eviter à une femme seule l’hôtel n’est pas le même accompagnement que celui exigé pour une femme battue ou autre problème social. L’originalité réside dans la diversité de publics. Elle permet un équilibre dans les types de difficultés auxquelles nous sommes confrontées. 

 

 

  1. Quels moyens requière cette organisation?

 

  • Quels personnels sont impliqués dans la partie logement de votre action ?

     

    L’accompagnement social se fait par des travailleurs sociaux qualifiés. On est passé en huit ans dans ce service de 3 à 40 salariés, dont les qualifications sont celles d’éducateurs spécialisés, d’assistantes sociales  et de Conseillères en Economie Sociale et Familiale. La diversité du travail proposé est une attractivité pour des travailleurs sociaux qualifiés. Ce qui compte pour nous c’est que les travailleurs sociaux interviennent en binômes selon des pratiques professionnelles sécurisées.

    Par ailleurs nous entretenons un partenariat classique étroit avec les Centre médico psychologiques –CMP- des hôpitaux spécialisés qui sont là également en cas d’urgence pour les phases critiques. Pour les enfants, nous utilisons nos propres ressources avec nos CMPP et nos CMP.

     

    Les financements venant de l’exclusion et du social sont des financements non pérennes. Mais comment avoir des travailleurs sociaux qualifiés et motivés si vous ne pouvez pas offrir un contrat à durée indéterminée ?  Nous devons fidéliser notre personnel pour l’accueil de ce type de public.  

     

     

  1. Quelle évaluation faites-vous aujourd’hui ?

 

 

  • Avec le recul, cette priorité sur le logement d’abord vous semble –t-elle la bonne ?

     

    Oui, car cela répond à la préoccupation de nos administrateurs, et des pouvoirs publics, c’est à dire de viser l’accompagnement des personnes quelles qu’elles soient.

    Cependant l’évaluation parvient au constat suivant : on souhaiterait répondre à toutes les demandes, mais on ne peut pas répondre à toutes. Aussi pour celles auxquelles on répond, on s’attache à y répondre pleinement. Plus les personnes sont dans la difficulté, moins elles vont avoir de chance de se stabiliser d’emblée.

    S’il y a échec malgré tout, la personne retient de son parcours, qu’il lui a été donné la possibilité d’avoir un toit à un moment donné. Dans les retours que nous avons, que ce soit des CMP ou de l’accueil d’urgence, ils disent l’importance que soit proposé à leurs bénéficiaires un logement dans leur parcours de vie. Cela permet de passer à autre chose, il s’agit là d’un événement d’élaboration dans le parcours de vie, une plus-value dans le projet d’accompagnement piloté par l’institution d’origine.

     

     

  • Quelles difficultés avez-vous rencontrées ? Quelles sont les limites d’une action de ce type ?

     

    Notre association a connu un développement important en peu de temps. Cela demande de prendre des précautions et d’être attentif aux besoins des travailleurs sociaux. On travaille avec eux pour qu’ils puissent se sentir sécurisés au niveau institutionnel par des procédures, par un travail sur le niveau d’autonomie, sur la délégation,  et sur des éléments de motivation.

    Un comité de pilotage de la qualité animé par la direction générale, composé de la majorité des travailleurs sociaux, est la chambre de recensement des difficultés et de propositions. Cette démarche participative consolide le projet et l’appropriation collective d’un modèle d’organisation effervescent par sa nature. Là où nous avons du travail en perspective, c’est de construire avec les travailleurs sociaux, les éléments d’attractivité pour leur épanouissement professionnel. 

  • Fiche établie selon une interview de M. Didier Malhomme, directeur général adjoint de l'APSI


Langue d'origine : Français
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