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Accueil Polysongs L'autrement bon, bar restaurant, lieu de spectacles pour l'insertion de travailleurs ayant un handicap, Clamart, France
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Polysongs
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L'autrement bon, bar restaurant, lieu de spectacles pour l'insertion de travailleurs ayant un handicap, Clamart, France

  • Vie sociale et quotidienne : Loisirs
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par derethe le 06/08/2010

Contexte
L’action a été mise en place par l’association Polysongs dans le centre culturel Jean Arp à Clamart qui abrite un cinéma et un théâtre. L’association œuvre à titre principal dans le milieu musical, certaines personnes participant à ses activités étant atteintes d’un handicap.
A l’intérieur du centre se trouvait un bar de type comptoir servant de « bar théâtre ». Lors de la rénovation de ce Théâtre, dans les années 2004-2005, ce lieu qui était davantage un lieu de passage est devenu fermé de façon à servir également de Cabaret selon les souhaits du directeur.
Cependant ces animations de cabarets étant ponctuels, le directeur a pensé qu’il serait bien d’y intégrer un restaurant ne fonctionnant pas seulement les jours de représentations mais de façon permanente lorsque le centre culturel est ouvert.
Le bar-restaurant se situe au premier étage avec une salle de spectacle au-dessus et un cinéma en dessous.

Finalités
L’association Polysongs avait déjà mis en place des « bars solidaires », c’est à dire un salon de thé ouvert le dimanche après-midi une fois par mois dans un local attenant à une Eglise.
Cette activité avait été créée avec des personnes handicapées, participant à la chorale, qui se montraient intéressées par la cuisine et le service.
Puis on a eu connaissance de cette proposition du directeur du Théâtre de monter un restaurant à la fin des rénovations. Ce dernier n’était pas opposé à ce que les serveurs soient en situation de handicap, l’association Polysongs a donc vu là une opportunité.
Il faut noter que c’était la bonne volonté des parents et amis qui alimentait le Bar Solidaire. Ces derniers apportaient des gâteaux et faisaient en même temps les clients dans la salle.
Le but a donc été de faire apprendre la cuisine aux jeunes afin de pouvoir offrir un véritable services aux clients. Ce sont les parents et amis qui ont aidé à la formation.

Reprendre la gestion du bar restaurant participait de cette volonté de professionnaliser les jeunes. En effet ils allaient pouvoir étendre leurs compétences en matière de cuisine et de service et être recrutés sur la base de réels contrats de travail (contrats aidés) pour travailler dans le restaurant. On passait d’un travail associatif à un travail ordinaire.
Il y avait une réelle envie de travailler de la part des travailleurs.
C’est ainsi qu’est né le restaurant « L’AUTREMENT BON ».
Toutefois quelques craintes sont apparues concernant ce projet dont l’ampleur était bien plus grande que celui des Bars solidaires.
- La première crainte concernait la recherche de quelqu’un de valable pour l’encadrement des travailleurs.
- La deuxième portait sur la réaction du public. La question s’est posée de savoir s’il n’allait pas se montrer réticent. Mais on était persuadé qu’on réussirait à surmonter cet obstacle, et à quelques exceptions près l’accueil a été favorable.
- La dernière crainte, justifiée celle-ci, se situait au niveau de l’ampleur du travail que ce projet représentait.


Mise en œuvre
Le projet a été mis en route avec l’aide de l’Hauts-de-Seine Initiatives (HDSI) que nous avons rencontré par l’intermédiaire d’un restaurant à Nanterre qui avait eu recours à cet organisme. Ils ont aidé à piloter le projet afin de transformer ce projet associatif en un projet plus pensé.
Le 3 octobre 2006, jour de réouverture du théâtre, l’activité de restauration a commencé.

Le bar-restaurant ouvre du mardi au samedi. Le service commence vers 18h30-19h, et se termine de façon variable, dépendant de la clientèle. Il peut arriver que l’on ferme à minuit, voir 1h du matin. Certains dimanches après-midi le bar est également ouvert.
Cependant nous nous rendons également dans une cuisine située dans un centre socio-culturel à 3km environ du Bar-restaurant afin de préparer les plats qui seront servis au restaurant. En effet le centre culturel ne possède pas de cuisine disponible permettant une préparation sur place.
Il faut noter qu’au départ nous nous rendions là-bas presque tous les après-midi car les jeunes apprenaient à cuisiner. Aujourd’hui leur rythme permet de ne s’y rendre qu’une à deux après-midi par semaine de 14h à 18h.Ils ont donc nettement progressé.

Nous servons des pâtisseries sucrés et salées (tarte, quiche, gâteaux …) ainsi que des plats qui sont soit préparés par les travailleurs, soit achetés congelés, ainsi que des boissons (mais pas d’alcool forts).

Le projet concernait 4 travailleurs mais l’un d’entre eux a dû arrêter pour des raisons de santé. Sur les 3 travailleurs (une femme et deux hommes) restants chacun est atteint d’un handicap différent : l’un est en fauteuil roulant, un autre est atteint d’un handicap mental tandis que le dernier souffre d’un handicap psychique. Ces différences entraînent certaines difficultés quant à la gestion de l’équipe.
Sur les trois travailleurs un s’occupe uniquement du service, les deux autres s’occupent davantage de la cuisine mais aident également au service.


Les moyens
Personnel : L’encadrement est effectué par une personne salariée de l’association qui a pour rôle de gérer l’équipe et d’aider les travailleurs. Cette personne est employée sur un poste d’emploi tremplin (donc financés par le Conseil Régional en partie pendant 6 ans).
Régulièrement deux personnes de l’association participent bénévolement.
Il faut noter que ce travail d’encadrement est compliqué et nous avons rencontré de sérieux problèmes avec les deux salariés successifs ayant occupé ce poste.
Ponctuellement nous avons recours à un extra lorsque de grosses soirées sont organisées.

Financier : Mis à part une aide technique la HDSI nous a également aidé à trouver un financement auprès de France Active qui nous a accordé un prêt de 18.000 euros à taux 0. Nous parvenons à tenir les délais de remboursement.
De plus nous avons été subventionnés par des mécènes privés tels que la Caisse d’Epargne ou la Macif.
Enfin l’AGEFIPH a également participé.

Matériel : Mis à part les matériels basiques pour une activité de restauration (frigo, congélateur, four, vaisselle …) nous avons dû acheter une cellule de refroidissement pour permettre la liaison froide dans les transports entre la cuisine et le bar-restaurant. Un véhicule aménagé a également été nécessaire afin d’à la fois permettre au travailleur en fauteuil roulant d’être ramené chez lui lorsque la soirée se termine tard et de pouvoir transporter les chariots contenant les préparations culinaires.
Nous avons eu un certain regret concernant le manque d’aide de l’AGEFIPH pour l’aménagement du véhicule.


Evaluation du projet
Un des principaux obstacles que nous avons dû surmonter a été le manque de clientèle les soirs où aucune représentation n’était prévue. La situation du restaurant non situé au niveau de la rue ne favorisant pas une clientèle spontanée. Il a donc fallu trouver un moyen de ramener davantage de clients.
L’association Polysong étant à la base une association pour la musique, il a été proposé par ce biais à des groupes de venir jouer de façon bénévole au bar-restaurant. Cette idée a rencontré un franc succès et aujourd’hui des groupes de musiciens ou chanteurs interviennent 3 ou 4 soirées par semaines. Le type de musique proposée est divers : jazz, classique, baroque, chorale … De plus il n’y a pas que des amateurs qui viennent jouer mais également des professionnels. La démarche de solidarité prend ici tout son sens. Nous offrons à manger et à boire mais uniquement pour les petits groupes.
Et l’AUTREMENT BON est devenu aussi un cabaret !
Ces manifestations amènent davantage de clients et permet au bar-restaurant de fonctionner tous les soirs.

Concernant l’évaluation financière, la première année grâce à des prêts importants de matériels l’association a fait des bénéfices. La seconde année le budget était tout juste équilibré. La troisième année nous étions de nouveau bénéficiaire et cette 4ème année s’annonce bien. La seule crainte concerne l’emploi tremplin dont nous disposons pour recruter l’encadrant salarié. Celui-ci n’est disponible que pour 6 ans et au terme il faudra donc employer un salarié en ne bénéficiant plus d’aucune aide extérieure, ce qui pourrait rendre plus ardue la situation.

Les travailleurs quant à eux se sont transformés. Ils ont acquis des habitudes de travail. Ils ont un vrai travail dans une ambiance de travail ordinaire. Ils sont regardés de façon tout à fait ordinaire. Ils s’épanouissent vraiment au contact des gens. L’un d’entre eux qui avant travaillait dans une société au standard derrière un bureau ne voyait personne et a trouvé une réelle satisfaction dans son nouveau travail.
Pour l’anecdote le handicap du travailleur se déplaçant en fauteuil roulant est presque un atout dans sa situation puisque se déplaçant à la hauteur des clients il ne gêne pas la représentation !

Plus d’informations sur le site : http://www.lautrementbon.fr
Ou par téléphone au 06 29 49 88 37
Langue d'origine : Français
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