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Accueil Fondation Anaissa Témoignage d'Aurélie Mbandjoun, Directrice du centre d'accueil de jour de la Fondation Anaissa, Douala, Cameroun
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Témoignage d'Aurélie Mbandjoun, Directrice du centre d'accueil de jour de la Fondation Anaissa, Douala, Cameroun

  • Enfance : Éducation spécialisée
  • Afrique : Cameroun
  • Témoignage

Par Florence Nkembé le 28/10/2011

La fondation Anaissa est créée depuis 2000 et le centre depuis 2004. Il se situe à Douala dans le quartier de Bonabéry.
 
Nous avons une capacité d’accueil de 15 enfants et adultes et la fréquentation varie entre 7 et 11 personnes. Les familles déposent leurs enfants à 8h30 le matin et viennent les chercher à 14h30. L’âge d’admission est de 4 à 16 ans, mais, bien sûr, certains restent plus longtemps ici car il n’y a pas de structure pour les accueillir. Notre travail est pluridisciplinaire et complémentaire. Les interventions de la psychomotricienne, de l’éducateur spécialisé, de la pédagogue et de la kinésithérapeute s’enrichissent, sont liées et forment un suivi.
 
Un cahier de liaison permet le dialogue avec les parents. J’avais l’impression qu’on avait mis un terme à l’éducation dans notre centre. Je pensais qu’il fallait aller plus loin et voir ailleurs pour l’évolution intellectuelle de l’enfant, particulièrement chez les moins de 10 ans. Il y avait une attente des enfants. Leurs difficultés levées, certains s’ennuyaient et ils étaient à la recherche de quelque chose d’autre. En même temps, je sentais qu’ils en avaient le potentiel. Pendant la journée de l’enfant africain, j’ai demandé aux frères et sœurs de venir. J’ai remarqué alors une symbiose. A distance j’observais qu’il n’y avait pas de différence et que la fratrie jouait le rôle d’encadrant.
 
A ce moment nous avons décidé de renforcer le côté pédagogique et de créer une classe spéciale pour ces jeunes enfants, équivalent de la maternelle et de la CIL (cours d’initiation élémentaire) je me suis rapprochée des enseignants des écoles ordinaires et me suis outillée car je ne suis pas enseignante. J’ai commencé à les prendre par petits groupes de 2 ou 3 puis je suis arrivée à une individualisation de la pédagogie. Je suis même allée jusqu’à prendre certains enfants pendant les congés. Au départ, cela peut prendre tout un trimestre pour déclencher le mécanisme, mais dès qu’ils s’ouvrent, cela fonctionne très rapidement. Certains peuvent rester un trimestre pour écrire un « A » et ensuite tout s’accélère.
 
J’ai entrevu la possibilité de l’insertion dans l’école ordinaire. Jusqu’à présent, ceux qui ont été insérés se sont retrouvés dans la maternelle, comme s’ils la connaissaient déjà, sans discrimination, sans rejet. Il faut dire que la plupart du temps, ils ont déjà fréquenté cet établissement et en raison de leur retard, ils ont été rejetés et nous ont alors été adressés. Je tiens à ce qu’ils retournent en maternelles, mêmes s’ils sont plus âgés que les autres. La limite est de 6 ans, car au-delà, la taille et la conscience de l’enfant posent trop de problèmes.
 
En 7 ans, 5 enfants ont pu être intégrés dans le système scolaire. Pour un seul, cela n’a pas été positif. Une bonne insertion familiale et le suivi à la maison sont des facteurs essentiels de réussite. Actuellement une jeune de 8 ans est prête pour la réinsertion en maternelle. Je reste en contact avec les parents ainsi qu’avec son maître  d’école pour les orienter.
 
Tous les enfants que nous accueillons ne suivent pas ce parcours de réinsertion. Certains restent ici, au centre. Je souhaiterais être mieux formée pour mieux les aider dans leur évolution et les préparer à un parcours d’adulte. J’ai parfois l’impression d’avoir atteint nos limites avec ces jeunes adultes. Il nous faudrait des activités de type professionnel à leur proposer, soit ici au centre, soit dans le milieu ordinaire de travail.
 
Langue d'origine : Français
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