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Tendre vers un droit d'aller et venir pour tous, une réalité vécue au foyer de Vie La Guérinière, France

  • Vie sociale et quotidienne : Protection juridique
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par kubiak le 06/08/2010

Le foyer de la Guérinière est ouvert depuis 2006, il est situé, de part la volonté de l'association, au cœur de la ville de Morsang sur Orge au sud de l'Essonne en région ile de France. Il s'intègre d

Un foyer permet d’aller et venir à l’extérieur
Sortir, rencontrer, favoriser l’intégration,


Tendre vers un droit d’aller et venir pour tous, une réalité vécue au foyer de Vie La Guérinière, France

Contexte

Le foyer de la Guérinière est ouvert depuis 2006, il est situé, de part la volonté de l’association, au cœur de la ville de Morsang sur Orge au sud de l’Essonne en région ile de France. Il s’intègre dans un quartier résidentiel récent. Le projet entre dans le cadre de la mise en place d’une zone d’aménagement concertée, la municipalité étant soucieuse de proposer une place dans la ville aux personnes en situation de handicap. De part sa situation dans la ville, l’établissement permet aux résidents une grande liberté d’aller et de venir, des petits magasins, cafés, sont proches. Le cadre architectural a été conçu de façon à bien séparer le lieu de vie du lieu d'activité. Les chambres sont aux étages et le rez-de-chaussée accueille les activités de jour.

24 personnes en situation de handicap mental et psychique y résident en internat et 6 personnes sont en externat, elles ont une autonomie dans les actes de la vie quotidienne mais ne peuvent vivre seules. Elles sont en chambre individuelle avec salle d’eau. Elles ont entre 19 et 53 ans, la moyenne d’âge est de 36 ans, il y a un équilibre entre les hommes et les femmes. La plupart des résidents sont issus de la région proche.

L’équipe est composée entre autres de treize éducateurs qui accompagnent les résidents, de trois coordinateurs, un pour l’équipe du matin, un pour l’équipe d’après midi, un pour les activités et un référent des externes. Une directrice, une chef de service, complètent l’encadrement.

Le droit comme finalité, mais pas seulement:


La liberté d’aller et venir s’impose à priori comme un droit fondamental dans un foyer comme ailleurs. Compte tenu du projet initial de l’établissement et de l’autonomie de certaines personnes accueillies, le pari a été fait de garder la porte du foyer ouverte sur l’extérieur afin de garantir ce droit. Mais ce droit se heurte, pour des personnes avec des capacités réduites reconnues, à un autre principe qui est de les protéger. Où passe le chemin entre ces deux principes ? C’est ce que nous explorons avec notre règlement de fonctionnement.
« Chez une personne handicapée, tout n’est pas handicapé ». Des résidents arrivent dans l’établissement avec des capacités d’autonomie réelles et éprouvées. Certains sont en mesure de faire seuls leurs courses personnelles, quand d’autres ont besoin d’être accompagnés. Au cours de leurs sorties, des résidents sont en relation avec des personnes de l’extérieur, partagent de bons moments avec eux, ils sont ainsi intégrés à la vie locale. Se montrer, rencontrer d’autres c’est aussi favoriser le changement de regard sur la personne en situation de handicap. Ces potentiels de relations sociales, d’autonomie personnelle sont à maintenir et à développer pour l’équilibre même de la personne. Ne pas perdre l’autonomie acquise avant d’être en foyer est un des objectifs que nous mettons en avant.
Dès lors, ériger l’interdiction d’aller et venir ne semblait pas indiqué pour nombre d’entre eux. Eriger la liberté d’aller et venir pour tous n’allait pas de soi non plus.
L’individualisation seule nous aide à adapter à chacun la règle qui est la plus juste pour lui.

Les temps de la liberté individuelle et du respect des règles collectives

En journée
Des temps de participation aux activités de l’établissement sont proposés de 9 h à 12h et de 14h à 16h30.

Un point est régulièrement fait tout au long de la journée pour vérifier la présence des résidents : au matin lors du petit déjeuner, le midi lors du déjeuner, à 14 heures au rassemblement pour le commencement des activités, à 16h30 au moment du café et enfin au diner à 19 heures.

En dehors des heures de présence imposées dans l’établissement, la règle est que ceux qui en ont l’autorisation demandent de sortir, informent les éducateurs du lieu de leur sortie et de heure de retour. Ils vont prendre un café, acheter un journal, se promener dans le quartier. Lorsque les résidents sortent ils doivent être de retour pour l’heure du repas.

C’est au moment de l’élaboration des contrats de séjour que nous fixons avec le résident ses possibilités de sorties. Elles sont liées à ses capacités d’autonomie, à ses souhaits. Certains en raison de leur pathologie, parfois parce qu’ils sont cleptomanes, n’ont pas l’autorisation de sortir seuls ; ils seront alors accompagnés. Néanmoins, pour tous les résidents la porte reste ouverte. La transgression de cet interdit pour ces personnes constitue des points d’appui éducatifs. Par exemple, une personne qui a l’autorisation de sortir seule a volé des produits de beauté de manière régulière dans des magasins ou sur le marché. A la suite de ce constat, nous l’avons accompagné dans ces lieux pour rendre ces produits. Nous sommes très vigilants lors de ses sorties et lui avons proposé de l’accompagner pour ses courses. (Certains n’ont pas le sens de l’orientation, ne savent pas où aller, ils préfèrent sortir avec d’autres). Les résidents qui ont l’autorisation de sortir ont des horaires à respecter et ils ont (pour certains) avec eux un téléphone portable sur lequel nous pouvons les joindre.


Les sorties le soir

Parfois le vendredi soir, il y a du théâtre en ville, des résidents souhaitent y aller. Ils y vont seuls. La condition est toujours qu’ils anticipent. Le veilleur est averti, il les accueille à leur retour. Parfois, certains ont le souhait d’aller au restaurant, si le restaurant est éloigné, nous les accompagnons et retournons les chercher. Parfois, certains souhaitent aller au cabaret, ils rentrent vers minuit, un des veilleurs les accompagne. Avoir cette possibilité d’être bien à l’extérieur du foyer, de se sentir en confiance leur ouvre de nouveaux horizons et participe à notre accompagnement. Mais le filet est toujours tendu en cas de difficulté. Il ya toujours deux éducateurs au foyer dont un est prêt à intervenir.

Le week-end
Un résident le samedi part seul chez son frère qui habite Paris. Nous lui donnons son argent de poche, ses médicaments pour le midi. Au retour, il nous informe du contenu de sa journée. C’est une démarche de confiance, de responsabilisation, il rentre à l’heure, jusqu’à aujourd’hui nous n’avons pas eu de souci avec lui. Un exemple contraire : il est arrivé que ce résident ne puisse joindre le foyer pour prévenir de son retard (heure prévue) pour différentes raisons (travaux, problèmes de transport, bouchons…). Les éducateurs préviennent alors le cadre d’astreinte et par la suite effectuent une déclaration de disparition à la gendarmerie. Ces situations sont peu fréquentes mais peuvent arriver.

Ceux qui en raison de leur pathologie ne peuvent sortir seuls sont accompagnés par le référent pour faire des courses personnelles, aller au marché le dimanche matin. Le week-end nous organisons de nombreuses sorties, des ballades sur Paris, un bowling, un cinéma, des visites de musée. Lorsqu’il y a des matchs, nous prenons un pique nique et rentrons après le match, un veilleur vient avec nous.

Moyens humains et financiers de cet accompagnement

L’organisation quotidienne de l’activité du foyer fait en sorte que deux éducateurs restent au foyer de manière à pouvoir gérer si une difficulté se présente.
Lorsque les résidents ont l’initiative d’aller au restaurant ce sont eux qui le prennent en charge en faisant la demande aux coordinateurs.


La règle et l’exception, évaluation et limites

Favoriser la liberté d’aller et venir est la règle du foyer « La Guérinière ». Son interdiction reste une exception ; le choix d’une porte ouverte constitue un pari.
Trois résidents n’ont pas actuellement la liberté de sortir seuls.
Il nous arrive parfois d’être appelé pour un résident qui est perdu. Nous avons eu à gérer des fugues, (ce n’était pas pour une personne qui a autorisation de sortir seule). Nous avons conscience que ce positionnement devra toujours être repensé dans le temps avec la dépendance due à l’âge, les pathologies accrues.
Mais pour l’heure, il permet une démarche d’ouverture des résidents sur la commune, sur la culture et sur le monde environnant. Le maintien des capacités d’autonomie va de paire avec la citoyenneté. La confiance accordée encourage leur prise de responsabilité.

Pour permettre ce fonctionnement, le foyer a une règle commune qui est que le résident doit avoir l’autorisation de son représentant légal, il doit prévenir du lieu où il se rend et de l’heure de son retour et respecter son engagement. Puis il y a l’adaptation, c'est-à-dire un accompagnement pour chacun dans l’utilisation de cette possibilité ou dans la restriction. Il peut arriver que des résidents sortent sans prévenir. Par exemple, un résident fait une crise d’épilepsie au café du coin mais était sorti sans nous prévenir.

Cette ouverture sur l’extérieur demande de notre part vigilance et attention à chaque résident pour adapter les sorties à ses besoins, ses possibilités, son évolution. A cette condition nous pourrons continuer à tendre vers le respect du droit d’aller et venir dans notre foyer de vie.

Ce moyen d’aller et venir à l’extérieur engendre quelques contraintes :
Notamment les sorties qui ne sont pas accompagnées, elles sont parfois sujette à des rackettes, mais aussi à des ardoises vis-à-vis des commerçants.
Il arrivait aussi qu’une résidente emmène des résidents à l’extérieur qui n’ont aucun sens de l’orientation pour les laisser seul dehors.

Voici les atouts:
  •   La possibilité de « sortir prendre l’air », moyen de lutte contre la violence ;
  •   S’investir dans la ville ;
  •   L’exercice de l’autonomie et des responsabilités ;
  •   L’accompagnement individuel éducatif ;
  •   L’exercice du droit ;
  •   Confiance dans les résidents.

On constate que certains n’en profite pas, par peur de l’environnement, du monde qui les entoure, du manque de repères.


Mots clés
Liberté, droit, aller et venir, personnes en situation de handicap mental, ouverture, autonomie, responsabilisation, confiance, foyer de vie,
Langue d'origine : Français
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