Aller au contenu. | Aller à la navigation

Accueil FUNES FUNES, ils retrouvent une vie normale, des soins, un enseignement spécialisé, une utilité sociale, Bogota, Colombie
Pour aller plus loin
FUNES
  • calle 25 sur n°10c-05 ----- Bogota Colombie
  • (571)2721329
  • funesparaninosespeciales@nullyahoo.com
  • Lilia Ardila
  • funesparaninosespeciales@nullyahoo.com
  • FUNES


FUNES, ils retrouvent une vie normale, des soins, un enseignement spécialisé, une utilité sociale, Bogota, Colombie

  • Vie sociale et quotidienne : Autre
  • Amérique du Sud : Colombie
  • Fiche d'expérience

Par Lilia Ardila le 05/08/2010

La situation en Colombie à la création de Funes était la même qu'aujourd'hui.
Contexte
La situation en Colombie à la création de Funes était la même qu’aujourd’hui.
Ma fille Corinne allait dans une école spéciale mais le collège a fermé pour des raisons financières. Corinne est ensuite restée sans aide scolarisée car les autres écoles spéciales étaient trop loin.
Elle ne pouvait rester sans activité car elle devenait agressive. Notre famille a décidé de créer une fondation pour que Corinne puisse avoir un lieu où elle puisse être en lien avec d’autres.
Corinne a été adoptée à 4 mois, elle présentait des stigmates de maltraitance, des signes de brûlures de cigarettes. Elle dormait beaucoup sans bouger et était effrayée par la présence des autres. Par la suite les médecins ont diagnostiqué un trouble grave du comportement. Elle a une valve posée pour traiter l’hydrocéphalie. L’autisme ne s’est développé que par la suite. Elle a aujourd’hui 15 ans.


Finalités
J’ai souhaité apporter une protection à Corinne, une sécurité et une possibilité d’indépendance. Maintenant elle se socialise.

La question financière a été importante aussi. Dans son collège au début toute la famille participait à la charge de Corinne. Je connaissais des familles qui ne pouvaient pas payer cette somme. La fondation nous a paru comme une solution aussi pour ces familles plus pauvres. Nous avnos donc cherché une formule qui puisse permettre aux enfants de ces familles de fréquenter une école.
Le coût mensuel que nous payions alors était de 400.000 pesos plus 140.000 pour le transport. Nous avons ouvert notre école à 140.000 pesos plus 120.000 pour le transport.


Comment ?
D’abord nous avons cherché une maison dans le quartier que nous avons loué. Elle n’a rien de spéciale et n’est pas particulièrement adaptée, mais pour cela il aurait fallu construire.
Nous avons demandé et pu obtenir un numéro de registre avec un droit de fonctionner comme école spécialisée.

Chaque membre de la famille a fait des dons jusqu’à hauteur de 4.000.000 de pesos. Une école de quartier a fait un don de bureaux, de chaises. Les mères ont fait un don de matelas. On a recouvert le sol avec un sol plastique et équiper la cuisine.
La maison est louée 600.000 pesos, environ 225$ plus 300.000 (110$) pour le service public. Nous bénéficions d’un prix spécial car le marché est plus cher.

Cecilia notre infirmière travaillait dans l’école que Corinne fréquentait. Elle nous a rejoint ainsi que 8 enfants. Les mères entre elles ont fait du bouche à oreille jusqu’à réunir les 21 enfants à l’origine dans le projet.

Le matin commence par un temps dévotionnel où on chante et où on prie. Ensuite c’est dans les différents groupes que les enfants reçoivent une éducation spéciale. Si une sortie est organisée alors elle se fait dès le matin.

Les enfants viennent tous en bus à l’exception d’une seule. Il y a un accompagnateur dans le bus avec le conducteur. Le transport est organisé par une entreprise privée.

Après le repas et un petit temps de repos, l’après midi est consacrée à des activités manuelles ou de productions pour les plus âgés. Certaines productions sont vendues.


Les moyens
Nous disposons donc d’une maison qui a une surface d’environ 250m².
Nous disposons d’une cuisine qui permet aux enfants de prendre un en-cas le matin et de pouvoir avoir un repas le midi.
Il y a quatre WC, cinq pièces à vivre et un bureau.

Le personnel se compose d’une infirmière, d’une orthophoniste à temps plein, et d’un travailleur social. Trois jours par semaines une volontaire en formation d’éducatrice spécialisée nous rejoint.
Une professeur de préscolaire vient également deux jours par semaine et nous avons une cuisinière à temps plein. Une psychomotricienne intervient un jour par semaine. Les enfants ont des séances individuelles avec elle ainsi qu’avec l’orthophoniste.

Nous disposons d’un équipement pédagogique à prix acquis auprès des écoles. La décoration a été de même fournie par les classes alentours ainsi que du matériel didactique.
Une entreprise nous a cédé un ensemble de jeux éducatifs.
Les matériels nous permettent de travailler la grande motricité et la motricité fine.
Des jeunes étudiants de l’université nous ont amené des couleurs, de la pate à modeler et autre matériaux pour l’artisanat.
On aimerait cependant obtenir plus de matériel mais le coût est onéreux et nos moyens sont limités.

La coordination du personnel est assurée le vendredi après-midi.
Les programmes sont préparés pour la semaine suivante et on essaie de les suivre en adaptant bien sûr en fonction des enfants et des situations particulières.
Un lien avec les parents est assuré par la coordinatrice.

Nous avions un partenariat avec la police qui nous mettait à disposition des chevaux à raison d’une heure par semaine. Mais cela s’est arrêté sur décision du nouveau major.
Nous allons dans un gymnase du district faire du sport.
Nous allions également à la piscine mais un changement de direction nous en a écarté pour le moment en raison du handicap des enfants et de la responsabilité que le nouveau directeur ne veut plus assumer.


Enseignements et évaluation
Notre première grande satisfaction est que nous sommes un pont pour les mamans. Elles portent toute la charge de l’enfant. Très souvent dans les familles pauvres disparaît en faisant porter la culpabilité sur la mère. La situation de ces mères seules est très difficile. Elles doivent le plus souvent travailler car sans ressources du côté du père. Le soir ou la nuit il m’arrive de recevoir des appels désespérés.
Un autre aspect positif est d’avoir pu donner aux mères l’opportunité de travailler car leur enfant dans la journée est pris en charge.
Une autre grande satisfaction c’est bien sûr et surtout les progrès des enfants qui gagnent en autonomie. Tous prennent aujourd’hui leur repas à la cuillère alors que quand ils sont arrivés ils se débouillaient avec les doigts. Ils ont des troubles profonds, certains sont incontinents et portent des couches. La plupart maintenant demande à aller aux toilettes. Ils savent se brosser les dents.

Une des grandes difficultés que nous avons est de maintenir une vie collective dans des locaux exigus sans agressivité, car les enfants sont parfois violents. Ils arrivent parfois blessés par un accident chez eux, le dialogue devient difficile avec les parents.

Le personnel qui travaille ici ne bénéficie pas d’avantages sociaux car je ne peux pas payer plus. J’aimerais trouver des soutiens financiers mais nous ne recevons aucun soutien de la part de l’Etat. Nous travaillons dans des conditions précaires et avons pensé l’an dernier a fermer car la situation économique était tr-s tendues. Nous avions beaucoup de dettes. La réponse de l’Etat fut que si nous ne pouvions subvenir nous-mêmes à nos besoins alors nous n’avions qu’à fermer.

Je souhaite pour Funes un autre siège pour avoir une deuxième maison, avoir plus de personnel spécialisé comme un psychologue à temps complet. Il y a beaucoup de technicité que nous n’avons pas encore.
J’aimerais avoir un terrain pour développer agricole et des poules.
Mais pour tout cela il faut que le cœur des gens soit touché pour qu’ils puissent soutenir et nous aider à accueillir les enfants qui ne peuvent pas actuellement encore venir.
Langue d'origine : Français
Ajouter un commentaire

Vous pouvez ajouter un commentaire en complétant le formulaire ci-dessous. Le format doit être plain text. Les url et les courriels sont transformés en liens cliquables. Les commentaires sont modérés.

Question: 4 + 4 = ?
Votre réponse: