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Vivre en appartement sans être isolé, en Foyer Semi-Autonome, Le Mans France

  • Résidentiel : Accompagnement
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par bogdan le 04/08/2010

Entre le tout individuel et le tout collectif, il y a besoin d'une fluidité. A l'ADAPEI de la Sarthe, celle-ci passe par le foyer semi autonome, partie intégrante du dispositif habitat Le Mans Métrop

Entre le tout individuel et le tout collectif, il y a besoin d’une fluidité. A l’ADAPEI de la Sarthe, celle-ci passe par le foyer semi autonome, partie intégrante du dispositif habitat Le Mans Métropole. Trente appartements de type F1, F2 ou F3, regroupés sur trois pôles, constituent ce FHSA, avec un accompagnement spécifiquement adapté aux personnes accueillies, pour la majorité d’entre elle, fréquentant les ESAT de la région.



1- Le dispositif Habitat, un continuum de solutions pour l’habitat



Le foyer d’hébergement semi autonome est une des structures du dispositif Habitat le Mans Métropole. Ce dispositif comprend également deux foyers d’hébergement et un service d’accompagnement à la vie sociale sur la communauté urbaine du Mans. Le dispositif a été créé par l’ADAPEI 72, qui par ailleurs dispose dans le département de structures pour enfants, et pour adultes en particulier pour le travail. Le dispositif Habitat répondre principalement aux besoins des personnes fréquentant les ESAT – Etablissement et Service d’aide par le Travail- . Il s’inscrit dans les valeurs partagées par l’ensemble de l’UNAPEI, à savoir, respect des personnes, citoyenneté, autonomie et protection.


Deux cent cinquante personnes sont accueillies sur les quatre structures, pour l’essentiel avec une déficience intellectuelle, mais qui peuvent également être atteints de troubles psychiques. Tous ont -ou ont eu- la reconnaissance d’une capacité de travail par la CDAPH ou ancienne COTOREP.


Les axes d’accompagnement qui caractérisent les prestations du foyer d’hébergement semi autonome sont de trois types :


- pratique , avec l’alimentation, le budget, le repérage dans le temps et l’espace, l’administratif, l’hygiène, l’entretien


- individuel, avec l’équilibre personnel, l’écoute, les liens familiaux, la vie affective, le soutien à la parentalité


- social, avec la citoyenneté et la culture, l’intégration dans la cité, la relation aux autres



2- Le foyer semi autonome, finalité



Le foyer semi autonome a été créé pour répondre à notre recherche de fluidité entre le tout individuel et le tout collectif.


Nous avions constaté que certains résidents pouvaient perdre en foyer d’hébergement des habiletés qu’ils avaient à l’entrée.


Le ESAT nous ont également adressé des personnes ne souhaitent pas rejoindre un foyer d’hébergement, mais pour lesquelles la solitude le soir risquait d’être insurmontable en Service d’Accompagnement à La Vie Sociale.


Ces deux exemples montrent bien qu’un maillon manquait, à l’articulation du vivre chez soi, sans être isolé. Le besoin était donc à la fois d’un habitat autonome, diffus, et d’une présence soutenue quotidienne qui ne pouvait être assurée que par un regroupement des logements par pôle dans un même quartier. Avec les propositions d’activités collectives en lien avec le foyer, c’est dans une formule de type « foyer hors les murs » que se situe le foyer semi autonome.



3- Le foyer « hors les murs », mise en place, fonctionnement


Le Conseil Général alerté par l’association a reconnu et inscrit ce type de besoins dans le schéma départemental et a accordé 50 places dont les 15 dernières viennent d’être autorisées.
Les bailleurs sociaux contactés ont été favorable au projet, qui proposait une mixité sociale et ont accepté de louer à l’association des logements HLM que sous louent les résidents. Cela ne leur supprime pas le droit aux allocations logement, mais garantit la réservation en cas de départ du locataire. Nous avons aujourd’hui un parc locatif de 30 appartements de type F1, F2 pour des personnes seules, de type F3 où cohabitent deux personnes, ou F4 pour des couples avec enfants. Ils sont répartis sur trois pôles, chacun à proximité de sa permanence –studio ou local collectif résidentiel- que loue également l’association.

 

 Les accompagnateurs rendent visite quotidiennement au domicile des résidents, et proposent des temps collectifs à la permanence. Ils sont présents jusqu’à 21h30. Les locataires savent qu’ils ne sont pas loin en cas de besoin. Ils prennent leurs repas du soir et le week-end chez eux mais peuvent aussi, sur proposition, se retrouver à manger à la permanence. Ils bénéficient des prestations collectives du foyer, en terme de sorties, d’événements ou rencontres. Mais ils ont également des soutiens spécifiques à leur structure, comme l’intégration à la vie sportive ou aux loisirs proposés sur la ville ou le quartier, le soutien à la relation avec les voisins, la citoyenneté.


Le frein principal au départ a été la frilosité de l’équipe qui pour certains ne les voyaient pas capable de vivre en appartement. Nous avons mis en place une grille d’évaluation qui a permis d’objectiver et de mieux cerner les compétences. Cela a facilité l’entrée de nombre de résidents actuels. Les marches arrière ont toujours été possibles, et pour un petit nombre cela a eu lieu.
Pour favoriser l’intégration dans une banlieue du Mans, les résidents ont été associés à travail spécifique sur le voisinage avec le Théâtre de l’opprimé qui met en scène des acteurs jouant leur propre rôle.



4- Les moyens mis en place


Dix personnes ont été embauchées progressivement pour assurer les accompagnements des résidents de ce foyer semi autonome. Les compétences sont diverses, réparties entre celles des conseillères en économie sociale et familiale, des éducateurs et moniteurs éducateurs. Nous avons recruté récemment une aide médico-psychologique pour répondre à des besoins spécifiques de la vie quotidienne en appartement. Les personnes interviennent auprès des personnes sur la base de leur projet individualisé. Elles sont présentes à partir de 16h 30 sur les pôles ainsi que le samedi. Une personne assure toutefois une permanence au long de la journée. Le week-end, une astreinte téléphonique a été mise en place. Un chef de service assure l’organisation et la coordination du foyer semi autonome. Ce foyer partage une direction et direction adjointe commune avec le dispositif. Une psychologue assure des temps de réflexion sur les pratiques.
En dehors des trois permanences, le foyer dispose également des locaux administratifs du dispositif en particulier pour les réunions et les regroupements. Voitures et téléphones sont à disposition des accompagnateurs pour leurs visites, car c’est un métier « nomade ».
Le foyer semi autonome, comme le SAVS, reçoit une dotation globale du Conseil Général de la Sarthe, contrairement aux foyers d’hébergement qui tarifient leur prestation par un prix de journée. Une autre différence réside dans la contribution à l’hébergement que ne paient pas les résidents du foyer semi autonome car ils paient leur loyer et subviennent eux même à leurs charges.

5- Enseignements, limites, bilan



Nous pouvons dire aujourd’hui que les objectifs de départ ont été atteints. Les résidents trouvent un équilibre dans leur situation actuelle. Les foyers d’hébergement collectifs restent une réponse pertinente. Toutefois nous constatons aujourd’hui une demande accrue pour ce type de structure semi autonome et pensons plutôt y favoriser les prochaines ouvertures de place. L’intégration dans la ville, la participation sociale y est supérieure qu’en foyer. Une solidarité primaire de voisinage se crée entre résidents qui ont plutôt tendance à améliorer leurs habiletés de départ.
Toutefois, les limites sont atteintes lorsque la maladie psychique n’est pas stabilisée et que la personne est envahie. Elle ne dispose pas alors des ressources nécessaires pour faire face à l’isolement, atténué certes par le dispositif, mais qui reste réel à partir de 21h30. Nous devons travailler en lien étroit avec les Centres médico psychologiques et les médecins traitant pour avoir une juste évaluation à l’entrée afin d’éviter les retours en foyer ou à l’hôpital. Lorsque la personne a une déficience intellectuelle, la grille d’évaluation permet de cerner si les habiletés requises sont présentes.
Au final, il est plus aisé de respecter le droit dans ce type de structure – intimité, allers et venues, sexualité, … - encore fait-il que les personnes manifestent les aptitudes et le désir « d’un vivre seul sans être isolé ».

Langue d'origine : Français
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