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Récupération de la maladie par l'écoute, Centre neuro-psy P.Joseph Triest de Lusanga, Congo

  • Santé : Soins paramédicaux
  • Afrique : Congo démocratique - RDC
  • Fiche d'expérience

Par kabindu le 05/08/2010

L'écoute des kinésithérapeutes de l'unité neuro-adultes comme outil de récupération de la maladie.


L’ÉCOUTE DES KINÉSITHÉRAPEUTES DE L’UNITÉ NEURO-ADULTES COMME OUTIL DE RÉCUPÉRATION DE LA MALADIE.
 

1) Description de l’unité


Avant 2005, le service de réadaptation fonctionnelle comptait les 4 salles à savoir :


- Kiné 1 : pour les enfants atteints de polio et pour les autres pathologies
comme la Spina – bifida, les élongations du plexus branchial et les
myopathies ;
- Kiné 2 :(ou Mécano – thérapie) qui recevait les cas traumatiques et certains
cas neurologiques comme l’hémiplégie ;
- Kiné 3 : salle de physiothérapie traitant les cas de rhumatisme et certaines
paralysies périphériques aiguës comme la paralysies faciale, radiale et cubitale ;
- Kiné 4 : salle de spastiques ou IMC.

Une formation entre 2003 et 2005 a permis aux kinésithérapeutes l’amélioration de la prise en charge des patients et un travail de plus grande qualité. Après cette formation, les professionnels ont abandonné les anciennes pratiques avec un changement des dispositifs et d’appellation. Le service de réadaptation fonctionnelle est éclaté en unités :

- Unité « Neuro – Enfants » : IMC/ IMOC ;
- Unité « Ortho – Trauma » : cas traumatiques, déformations orthopédiques, cas de neurologie, tels que séquelles de Polio et PPI (paralysie post – injectionnelle) ;
- Unité « Patho – thérapie » ;
- Unité « Neuro – Adultes » : hémiplégie, (suite d’AVC) para et tétraplégie.

Chaque Unité est dirigée par un chef d’unité, entouré de 4 à 5 kinés et de kinés auxiliaires. L’Unité Neuro – Adultes est supervisée par Blandine MULONSI et l’ensemble par Monsieur MPAKA MAKING Célestin.

2 ) Le travail effectué auprès des patients

L’accueil des patients se fait du lundi au vendredi de 07h30 à 14h00 et le samedi jusqu’à 12h00. Chaque patient prend un rendez – vous à la réception avec le Médecin, qui après diagnostic, réfère aux Kinés selon la pathologie. Après avoir réglé à l’avance, le patient subit une évolution au sein de l’Unité et sur rendez – vous.

Après évaluation kinésithérapeutique, on fixe aux patients des jours précis de séances. Les jours pairs sont souvent pour les anciens malades et les jours impairs pour les cas récents. Les patients arrivent parfois dès 05h30 du matin, ils déposent leurs jetons devant la porte et sont pris en charge par ordre d’arrivée.

Au début de la rééducation, les séances sont individuelles et après évolution deviennent collectives. Chaque Unité a une fiche d’évaluation qui est propre et adaptée à la pathologie. On reprend l’anamnèse, le diagnostic, l’éthologie, le traitement médical et les troubles associés ; tout ceci pour permettre des bilans moteurs et articulaires.

Vient ensuite un bilan fonctionnel permettant aux Kinésithérapeutes de tirer une conclusion pour décider du traitement. De là interviennent différentes techniques qui inhibent ou facilitent.

Enfin, une thérapie fonctionnelle est mise en place, dont le but est que la personne récupère des gestes du quotidien, comme tout simplement se tourner dans son lit ou s’asseoir. La technique de « Bobath et Kabath » est de la kinésithérapie pure pour que chaque patient récupère le plus d’autonomie.

Quand le personnes accueillies parviennent à un certain niveau de la thérapie fonctionnelle, elles sont aptes à aller au parcours de marche ; on sait alors que ces patients ont fait un grand chemin dans la récupération.

A la fin du traitement (qui peut durer de 6 mois à plusieurs années), les kinés donnent des exercices à faire à domicile pour l’entretien physique. Certains doivent porter un appareil orthopédique pour décider de la confection et du contrôle à la livraison, l’atelier orthopédique et le kiné travaillent en équipe. Au cours de tout ce traitement, les patients ont créé un lien fort avec les soignants et se confient à eux.

3) Comment passe-t-on de kiné à psychologue ou assistant social ?

 
Lorsqu’un patient arrive dans l’unité, il est souvent en grande précarité sociale, psychologique, affective et financière. Certains considèrent que leur vie est finie ; ils ne comprennent pas les causes de la maladie, ils ont perdu leur travail et sont rejetés par leurs conjoints, leurs enfants, leurs voisins. Avant même l’étape d’acceptation du handicap, beaucoup croient encore qu’on leur a jeté un sort. En réfutant la thèse scientifique, les patients s’isolent, s’invalident davantage en retardant la prise en charge de la maladie et vont dans les églises de réveil. A leur arrivée au Centre, ils se retrouvent d’une part avec leurs « semblables » et se sentent encouragés. D’autres part, les professionnels les soignent, les écoutent, les rassurent, les comprennent. Le travail est avant tout de redonner à l’homme ce qu’il a été. Certains disent avoir retrouvé la vie !

Les familles (conjoints et enfants) qui accompagnent le patient peuvent également échanger avec les kinés et demander comment les prendre en charge à la maison, comment ne pas voir uniquement la maladie mais retrouver l’homme et la femme qu’ils ont épousés. Au départ, les premières questions concernent la maladie, le temps de récupération et les perspectives de retrouver un emploi.

Hommes et femmes ne se posent pas les mêmes questions. Les hommes veulent savoir s’ils peuvent encore avoir des relations sexuelles.

Ce sujet étant un tabou pour l’homme africain, il se confie avec le temps et pas en public. Ils sont butés devant des difficultés d’ordre moral ou socioculturel. Lorsque les fonctions du corps reprennent, ils retrouvent goût à la vie. Du fait de troubles organiques vrais, les hommes se questionnent sur les troubles d’érection et les femmes sur la baisse de la libido. Certains ont toujours peur de l’acte sexuel, craignant de provoquer une hausse de tension et une nouvelle crise.

Etant donné que jusque là ils n’avaient pas d’espace d’écoute, cela pouvait créer une frustration et un blocage dans la récupération de la maladie. Lorsqu’ils arrivent à se confier, ils utilisent des termes contournés tels que « j’ai mal au dos » pour parler de l’impuissance.

Au cours des entretiens et de l’espace de confiance, ils se libèrent. Le travail d’écoute permet par la suite d’envisager de nouveaux exercices de kinés à leur traitement. Les kinés ont à la fois un rôle de conseiller familial pour réconcilier un couple, un rôle de psychologue pour encourager les personnes et obtenir un déblocage, un rôle de conseiller conjugal pour autoriser le couple à se retrouver. Les résultats sont flagrants, les patients retrouvent leur gaieté, leur humour et s’ouvrent de nouvelles perspectives d’avenir.

4) S.O.S AVC

Frappés par ces drames humains provoqués à la suite d’un AVC et considérant la nécessité d’assumer une meilleure prise en charge, il a été créé en date du 24 juin 2006, l’association « SOS AVC ». Elle regroupe les hommes et les femmes handicapés ou valides, les professionnels de santé. Le but est de créer un cadre de réflexion stratégique dans la quête permanente des réponses aux questions et aux causes essentielles de ces accidents. L’objet est :


 

- Assurer l’entraide entre les personnes victimes d’accidents vasculaires cérébraux et leurs familles ;
- Créer des lieux des patients et leur famille ;
- Sensibiliser les acteurs de terrain à la prévention et à la prise en charge des AVC (professionnels de santé, Ortho, Kinés, Médecins) ;
- Améliorer la connaissance, le diagnostic et les thérapeutiques relatives aux accidents vasculaires cérébraux ;
- Représenter et promouvoir les actions de l’association auprès des Pouvoirs Publics et des différents partenaires tant nationaux qu’internationaux ;

La dernière manifestation date du 17 novembre 2007  a permis de nouveaux témoignages.

5) Evaluations, bénéfices, limites

Echanges d’une solidarité entre les patients/ patients ; patients/ soignants
Limites : manque de temps de disponibilité parfois d’un local intime
Prévoir à court ou moyen terme un psychologue

 

rédigé par Isabelle Wenk (Fondation des Amis de l'Atelier) avec M. Célestin  Mpaka (Frères de la Charité - Congo)

 

Langue d'origine : Français
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