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Des enfants qui plaident pour les droits des enfants, "Children Advocating Children Rights", SESOBEL, Liban

  • Enfance : Apprentissage
  • Asie : Liban
  • Fiche d'expérience

Par Liliane Dargham le 09/07/2012

Les enfants et adolescents de l'association SESOBEL vont d'école en école pour sensibiliser les jeunes de leur âge aux droits des enfants. L'inclusion en construction !

1. Contexte

Ce n’est pas par hasard que SESOBEL (Service Social pour le Bien-être de l’Enfant au Liban) a décidé de promouvoir les droits de l’enfant. Ce fut au contraire le résultat d’une longue période de réflexion, suite à cette remarque que faisaient un jour les jeunes du SESOBEL: « Nous en avons assez de voir défiler devant nous des gens qui nous regardent comme si nous étions des objets, qui repartent sans même avoir essayé de communiquer avec nous, ou d’apprendre à nous connaître, sans que nous ayons pu leur parler. Ne faisons-nous pas partie de la société ? ».
 
2. Objectifs

          Notre but, comme le dit notre fondatrice Yvonne Chami, est la réhabilitation des biens portants, en les mettant en contact direct avec les personnes ayant un handicap. C’est ainsi qu`est né le projet pionnier au Liban « Children advocating Children’s Rights ». Ce projet a permis à nos jeunes handicapés d’aller à la rencontre d’autres jeunes de leur âge, pour faire connaissance, pour discuter, pour apprendre l’un de l’autre, pour échanger et vivre ensemble des expériences enrichissantes.
 
3. Mise en œuvre

          Le Projet « Children Advocating Children’s Rights » a été  lancé au début de l’année scolaire 2007-2008.
Depuis, les enfants et les jeunes de SESOBEL ont visité 17 établissements scolaires et ont pu porter le message à 1124 élèves dans l’objectif :

  • - De les informer sur les droits de l'enfant en se référant à la Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies.
  • - De les sensibiliser à défendre ces droits et à faire entendre leur voix dans la société libanaise en établissant un plan d’action en commun.
  • - D’œuvrer ensemble pour pousser la société à appliquer les clauses de la convention et à mettre en conformité ses lois.
 
4. Moyens

          Dans le but d’atteindre ces objectifs, différents moyens ont été mis en œuvre conjointement par les enfants du SESOBEL et les élèves des écoles, dont les plus importants sont :
  • - Des activités permettant aux enfants d’exprimer leurs droits par l’art : Une pièce de théâtre, un récital, des dessins et des films documentaires.
  • - Un calendrier de l’année 2011 qui a associé à chaque mois la photo d’une personnalité libanaise et d’un enfant porteur de handicap, symbole de solidarité au service des droits des enfants.
  • - Des rencontres visant à faire pression sur des acteurs dans les domaines du social et de la politique pour que soient garantis leurs droits.

  • - Une table ronde autour de laquelle, les enfants du SESOBEL et les écoliers ont pu discuter de leurs droits avec les représentants d’organismes sociaux nationaux et internationaux et des acteurs du domaine politique. Ils leurs ont remis la liste des recommandations suivante:
  1. Délivrer une carte spéciale pour les enfants de moins de dix-huit ans, qui leur donne droit de profiter des activités récréatives et culturelles à des prix réduits.
  2. Exempter tout enfant de la taxe d'entrée aux lieux touristiques.
  3. Informer les enfants, les parents et les éducateurs sur les droits de l'enfant, conformément à la convention des droits de l’enfant, adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies, et œuvrer à la mettre en application.
  4. Assurer le droit à la protection contre la violence, créer une « Hot Line » pour informer les autorités concernées en cas d’actes de violence perpétrés contre des enfants.
  5. Promulguer de nouvelles lois pour empêcher le travail et le trafic des enfants.
  6. Œuvrer à l'intégration des enfants ayant des besoins spéciaux dans les écoles privées et publiques. Soutenir ces écoles en leur fournissant du matériel pour l’adaptation et la rénovation des bâtiments, la formation des éducateurs ainsi que les services nécessaires à la réussite de cette intégration.
  7. Transformer les établissements  scolaires en « écoles amies », par le développement de programmes scolaires adaptés aux élèves afin de renforcer leur intégration et appartenance scolaire.
  8. Mettre en place des plateformes dans les écoles publiques et privées qui permettent aux élèves d'être en mesure de faire valoir leurs droits et de leur donner la chance d’être écoutés et de donner leurs opinions.
 
Plusieurs médias ont participé à la promotion de ces activités ainsi qu’à la couverture des évènements organisés (13 quotidiens et magazines, 6 chaines de télévision, 5 radios).
 
5. Evaluation

          Pour la continuité de ce projet, les enfants du SESOBEL continuent à mobiliser  d’autres écoliers qui se joignent au groupe ; ils établissent un plan d’action en commun et se répartissent le travail de sensibilisation, d’information et de lobbying, pour la mise en pratique des recommandations déjà émises suite à la table ronde.
Jusqu’à présent, les réalisations sont les suivantes :
 
- La réservation de 30 places gratuites pour les enfants ayant un handicap pour assister à toutes les activités culturelles et artistiques qui auront lieu à l’UNESCO à Beyrouth.
- La création d’un modèle de carte d’accès aux lieux touristiques et sa remise au directeur général du ministère de l’intérieur pour étude. Un sponsor est déjà assuré pour le design et l’impression.
- La  prise de conscience du ministre de l’éducation quant à l’inclusion des enfants à besoins spéciaux dans les écoles ordinaires et l’émission d'une stratégie nationale.


          Ayant pour devise, tous solidaires au service des droits de l’enfant pour une vie de joie et de dignité malgré la différence, ce projet continuera jusqu’à la réalisation totale des recommandations. Il confirme aussi que tous les enfants sont égaux par rapport à leurs droits, le handicap n’étant pas une raison pour discriminer les personnes qui le portent.   

          Arriver à une totale harmonie avec les principes énoncés par la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, nécessite  une lutte quotidienne et une réforme législative de longue haleine, surtout au Liban où les priorités sont innombrables et s’entrecroisent et où les concernés sont préoccupés par les problèmes politiques auxquels notre pays et les pays voisins font face.

          Mais pour se montrer résolument positifs, ce projet a fait émerger le sujet des droits de l’enfant à la surface ce qui a abouti aux réalisations citées plus haut. Il a permis également la mise de la convention à la portée d’un grand nombre d’enfants, de parents et de professionnels dont  beaucoup d’entre eux ne connaissaient même pas son existence .
Il a aussi conscientisé les enfants libanais ayant un handicap ou non, sur le fait qu’ils partagent les mêmes droits avec les enfants du monde entier quels qu’ils soient  et quelles que soient leurs différences à tous les niveaux,  introduisant ainsi le concept du « vivre ensemble » malgré la différence.

Liliane Dargham
Coordinatrice du projet
Children Advocating Children’s Rights

Langue d'origine : Français
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