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Accueil Institut Bon Pasteur a.s.b.l. Le petit magasin de l’Institut du Bon Pasteur, responsabilité et récompense (Belgique)
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Le petit magasin de l’Institut du Bon Pasteur, responsabilité et récompense (Belgique)

  • Travail et activité : Travail adapté
  • Europe : Belgique
  • Fiche d'expérience

Par Cathy van den Daële le 09/10/2012

Un petit magasin au sein d'une Institution qui récompense aussi bien les gérants du site que les résidents
  1. Le contexte

 

L’institut du Bon Pasteur (IBP) se situe en Belgique, à Bury dans le Hainaut Occidental. Le projet de l’institution est d’accueillir et d’encadrer des personnes présentant un retard mental, en leur proposant un hébergement, un encadrement et un panel d’activités qui leur permettra de s’épanouir. La structure accueille plus ou moins une centaine de résidents et leur propose différents ateliers : couture, cuisine, théâtre, bois, informatique, psychomotricité, musique…

Il y a également un CEFA qui concerne davantage une activité « professionnelle » et qui produit des calumets, du petit bois… Il y a bien sûr un atelier sport avec tous les sports possibles : bowling, natation, équitation, athlétisme, vélo, marche, tricycle, netball, etc.

Le petit magasin de l’IBP est un projet de longue date, qui a été ouvert en septembre 2011, au sein de la structure.

 

  1. Pourquoi le Petit magasin ?

 

L’objectif du petit magasin est d’exposer les réalisations que tous nos résidents produisent lors des différents ateliers, au CEFA et à l’atelier jardinage. Cet atelier jardinage s’est développé autour de l’élevage de poulets et de la culture de laitues du jardin potager. Tous les jeudis et vendredis, comme le magasin est ouvert plus longtemps, on met en vente tous nos produits du jardin. Amélie, qui s’occupe de l’atelier cuisine, concocte des plats à partir de petites recettes, des petits plats tout préparés (des lasagnes, des pizzas) sur commande. Le vendredi, elle met en vente tout ce qui est réalisé avec les résidents : mousse au chocolat, tartelettes…

Il y a également un rayon papeterie (avec des crayons, des marqueurs des livres à colorier, des piles, des petits mots-mêlés ou à caser, gomme, Bic) pour que les résidents ne pensent pas systématiquement à aller s’acheter une collation, c’est aussi important. Il y en a beaucoup qui achètent pour eux-mêmes ces produits de papeterie ou qui rapportent un livre de coloriage à leurs proches.

 

Le petit magasin dépend de la structure qui gère les studios, où les éducateurs travaillent notamment depuis un an au lancement du magasin avec certaines résidentes, pour qu’elles arrivent à être un peu plus indépendantes, à savoir accueillir les gens, rendre la monnaie, apprendre la notion d’argent, savoir gérer le magasin toutes seules.

 

Ce magasin sert surtout à valoriser les résidents de l’Institut, pour montrer tout ce qu’ils peuvent faire en interne. Et les produits du petit magasin, comme les collations (petits bonbons, biscuits, boissons), sont là, d’une certaine façon, pour les récompenser de tout le travail qu’ils peuvent faire. L’objectif du magasin est également de permettre aux résidents de s’intégrer dans la vie pratique de l’institution, de valoriser leurs productions, de travailler la socialisation et l’ouverture aux autres.

Pour les résidents qui sont directement impliqués dans la tenue du magasin il s’agit d’apprendre à ranger les différents produits dans les rayons, faire attention aux dates de péremption et vraiment tout vérifier, apprendre à gérer le magasin, à compter et passer des commandes, vérifier les stocks. Ce magasin sert enfin à travailler la notion de choix… En général, pour le goûter les résidents ont tous la même chose mais avec le petit magasin, c’est différent, ils peuvent choisir. Et il s’agit aussi de savoir gérer son argent parce qu’il y en a dépensent leurs 2.5€ de gratification en une seule fois dès qu’ils reçoivent cet argent et puis il y en a d’autres qui dépensent une partie mais pas tout et qui peuvent revenir le lendemain parce qu’il leur reste un peu d’argent.

 

  1. La mise en œuvre, le déroulement

 

Pendant les heures d’ouverture du magasin les résidents peuvent venir s’acheter ce qu’ils veulent, et ça leur fait un bien fou. Quand il fait bon, on a une petite terrasse, alors on se met dehors, on installe des chaises et des tables avec un parasol. C’est un lieu de rencontre aussi parce qu’en général, après 16h, les résidents rentrent dans leurs groupes, en équipe, où ils ont aussi leurs tâches à faire. Mais là, c’est un lieu de rencontres, ils boivent leur soda, ils échangent, ils se racontent leurs anecdotes de la journée, ils prennent le programme télé…

 

Pour l’instant le magasin n’est ouvert qu’en interne mais on envisage aussi une ouverture au public extérieur à l’institution. Le magasin est ouvert le lundi et le mercredi de midi à 13h, le jeudi de 16h à 18h, le vendredi de midi à 16h.

Le mercredi après-midi, après 13h, ce sont les courses ; on fait un ravitaillement, le stock, et ensuite c’est le moment du nettoyage et du rangement dans les rayons avec des personnes moins autonomes, pour essayer d’avoir un maximum de personnes qui puisse partager ce travail de magasin.

 

Toutes les résidentes qui « travaillent » au petit magasin ont besoin d’apprendre à gérer, à compter un budget, donc elles vont chez le logopède pour essayer d’apprendre à tenir le magasin toute seule. L’objectif final étant de pouvoir ouvrir le magasin toutes seules.

 

  1. Les moyens dont vous avez eu besoin ?

 

Pour installer et ouvrir ce magasin, il a d’abord fallu trouver un local au sein de l’Institut du Bon Pasteur parce qu’il fallait quelque chose de pas trop grand mais de pas trop petit non plus. Il fallait un local qui puisse être accessible à toute personne, il ne fallait pas que ce soit à l’étage étant donné que certaines personnes sont un peu plus dans des situations de déficience physique. Nous avons donc pensé à mettre le magasin en rez-de-chaussée, au fond de la cour et proche de l’entrée extérieure pour l’ouverture prochaine au public.

Au niveau matériel, le directeur a pu obtenir un comptoir frigorifique bon marché. D’autres éducateurs qui connaissent des personnes travaillant dans des supermarchés, ont fait fonctionner ces réseaux et ont pu récupérer un réfrigérateur pour toutes les boissons puis un autre pour les petits légumes.

Pour le budget, le petit magasin fonctionne avec l’argent donné par la direction de l’Institut du Bon Pasteur.

Pour faciliter le travail des résidents, les produits sont répertoriés et il y a des fiches signalétiques avec des pictogrammes pour indiquer le produit et le prix.

 

  1. Quelle évaluation faites-vous aujourd’hui ?

 

Cet « atelier » de petit magasin est jusqu’à présent une réussite. Il est important pour les résidents et est un peu indispensable car le village dans lequel se trouve l’Institut du Bon Pasteur est un peu perdu et il n’y a pas d’autre magasin très proche.

 

Cette expérience du petit magasin apporte énormément aux résidents parce qu’ils savent qu’ils reçoivent une gratification et cela les motive un peu plus à aller en atelier. C’est pour leur travail qu’ils sont gratifiés et donc quelque part ils se réjouissent de toucher leurs 2.5€ à la fin de la semaine pour pouvoir aller s’acheter un petit paquet de bonbons par exemple. Ca les motive, même chez les personnes les plus fragiles. Et ils sont contents, ils vont au magasin, même tout seuls, ou alors accompagnés mais vraiment de loin, et ils sont heureux de pouvoir venir à ce magasin.

Les résidentes qui gèrent le petit magasin sont fières de ne pas se tromper quand elles rendent la monnaie, elles connaissent les règles de politesse, elles sont aimables, polies, souriantes.

 

Les difficultés concernent surtout le fait de diversifier les responsabilités et d’offrir la possibilité à plusieurs résidents de gérer le magasin. Or cette activité demande de la concentration et sera encore plus exigeante lors de l’ouverture sur l’extérieur. Il faudra élargir les horaires, être plus efficace pour rendre la monnaie. L’on se demande toujours si ça va marcher, si les résidents vont comprendre l’enjeu de cette ouverture et il faudra un bon suivi éducatif. En effet, cette activité de magasin demande également un certain temps pour la comptabilité et le suivi des résidents.

 

La vidéo de l'interview :

 


Le Petit Magasin, Interview par Handiplanet

Langue d'origine : Français
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