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NAPE (Notre Agence Pour l’Emploi), CITL Les Robinsons, France

  • Travail et activité : Activités de jour
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par Véronique Leuenberger le 17/06/2014

Être exigent avec les personnes peut les pousser à se dépasser : avoir signé un contrat, s’être engagé dans une mission ou tâche, a montré que symboliquement les résidents se sont engagés davantage et ont souhaité se montrer qu’ils ont la capacité de réussir. Nous pensons que cette action peut être reproductible partout, même dans une MAS [Maison d’Accueil Spécialisé], avec un degré différent, et à partir du moment où cela a du sens pour la personne.
  1. Le CITL Les Robinsons : épanouissement par la créativité, l’autonomie et les relations sociales

Le CITL Les Robinsons est une structure d’accueil de jour, proche du cœur de ville de la commune du Plessis Robinson. L’établissement est réparti sur 3 étages (R-d-C, 1er et 2ème avec des salles d’activité, des bureaux de travail pour les éducateurs, 1 salle de restauration et 1 salon de thé.

Le CITL Robinsons accueille 44 personnes adultes en situation de handicap mental, dont la moyenne d’âge est environ 35 ans. Le CITL leur offre un accompagnement individualisé visant à leur épanouissement, par la créativité, le développement de l’autonomie et des relations sociales.

Voici quelques exemples d’activités proposées : activité théâtre (avec une pièce montée chaque année), peinture, poterie, salon de thé ouvert au public, activités sportives (piscine,…), etc.

  1. La finalité de « Notre Agence Pour l’Emploi »

Avant cette action, le côté loisir était le principal axe sur lequel on travaillait. En mettant en place cette « agence pour l’emploi », il s’agissait de répondre davantage à la mission d’initiation au travail de l’établissement, en valorisant les services que les résidents rendaient quotidiennement dans l’établissement par un contrat de travail.

Par exemple, lorsque l’assistante de direction a un mailing à faire, elle demandait auparavant un coup de main aux résidents (un petit groupe l’aidait). Aujourd’hui, la même aide est valorisée par un « contrat de travail » ponctuel pour cette tâche là.

L’objectif à atteindre pour les résidents était de pouvoir prendre conscience qu’ils pouvaient tenir un contrat sur la durée, et d’améliorer l’autonomie progressivement, et pourquoi pas de se préparer au monde du travail.

Il n’y a pas eu d’attente spécifique formulée par les résidents ; c’était un choix de l’équipe de valoriser ces différentes actions et aides des résidents différemment. C’était aussi une occasion pour réaliser un changement de regard de l’équipe, dans sa façon de considérer ces aides et les résidents eux-mêmes. Cette « NAPE » signifiait aussi la possibilité d’avoir plus d’exigence, et de définir des attentes précises en termes de qualité de service rendu.

Le projet a dès ses débuts suscité beaucoup d’enthousiasme ; il n’y a pas eu de craintes ou d’interrogation particulière, ni de réticence des usagers : ceux-ci ont compris tout de suite l’intérêt et la valorisation, ce projet permettant la reconnaissance de leur capacité.

  1. La NAPE à l’œuvre : Demande, candidature, fiche mission, réalisation et évaluation

Le 1er « contrat » mis en place a concerné la mission (responsabilité de sécurité) de s’assurer que tous les bénéficiaires et les salariés sont présents. Il s’agit d’un carnet avec une feuille préparée contenant le nom de tous les éducateurs et les résidents, feuille sur laquelle doivent être notés les noms des absents, donnés par les éducateurs, et les transmettre à la direction pour qu’elle puisse appeler les personnes absentes. Cette mission réalisée par un résident représente un très grand gain de temps pour le/la chef de service.

Pour cette tâche, un premier « contrat de travail » sur 6 mois a été mis en place.

Ensuite, ce sont les services à la collectivité, qui ont fait l’objet d’une valorisation comme travail (ex. : arrosage des plantes,…).

Chaque nouvelle idée de tâche à valoriser a été notée dans une fiche d’annonce (une fiche par tâche), et disposée sur un panneau d’affichage avec le sigle « NAPE » (Notre Agence Pour l’Emploi), reprenant les couleurs du sigle de l’Anpe [ex. Pôle Emploi, agence nationale pour l’emploie en France].

Aujourd’hui, nous réfléchissons en équipe à chaque rentrée aux besoins pour l’année, et rédigeons ensuite l’annonce. Toutes les annonces sont ensuite affichées, pour permettre à l’ensemble des résidents d’en prendre connaissance.

S’ils sont intéressés, les résidents contactent les éducateurs pour leur dire qu’ils souhaitent répondre à cette offre, et proposer leur candidature.

Le choix des candidatures retenues se fait en équipe, selon les compétences demandées par l’offre et le projet du résident.

 

Une fois le « contrat » fait, un exemplaire est remis au résident ; beaucoup repartent avec le document dans leur famille / dans leur foyer ; il s’agit bien d’un « contrat » (document) interne, qui représente quelque chose et a une vraie signification pour l’établissement et les résidents. Cela a généré aussi de nombreux retours positifs des familles.

Le projet a très bien fonctionné, et s’est donc développé, avec notamment une orientation plus professionnelle : un groupe travaillant tous les jours en cuisine (préparation des repas), constitué de plusieurs personnes avec un système tournant.

deux résidents en train de faire leur contrat hebdomadaire.

 

La rémunération financière (contrepartie en argent) était impossible, car les personnes accueillies au CITL ont un statut de non-salariées en tant que telles, et que l’établissement agit dans le cadre d’une structure à but non lucratif. La solution qui a été proposée est de fixer une contrepartie en nature dès l’établissement du « contrat de travail », selon les souhaits de la personne : invitation au salon de thé du CITL, livre, bijou, invitation au cinéma…

C’est devenu à un moment donné une crainte ou une forme de frein ; comment le CITL pourrait assumer et financer ces contreparties qui ont un coût à payer ? Avec quel budget prendre cela en charge quand l’action est devenue plus instituée ? Le CITL a en effet connu un nombre exponentiel de « contrats » établis: plus de 20 contrats, que ce soit sur une tâche ponctuelle ou bien sur toute l’année (personnes travaillant en cuisine notamment, personnes travaillant 30 min le matin pour les présences, etc…).

Ces contreparties sont aujourd’hui prises en charge sur le budget Vie Sociale du service, dans la mesure où ces tâches sont utiles à la collectivité.

 

L’action a eu également un retentissement à l’extérieur de l’établissement : par rapport à l’ESAT Les Robinsons : une liste de table le midi, et la préparation du repas ont permis de réaliser des ateliers de travail mélangés entre des travailleurs d’ESAT et des résidents du CITL. Ceci a occasionné un changement du regard des uns sur les autres, et a créé un lien supplémentaire entre ces deux publics accueillis.

  1. Résidents et salariés, tous impliqués

Sur le plan humain : Tout l’établissement a été associé au projet.

Chacun a été impliqué :

~ Quand le résident souhaite faire une demande de contrat, il s’adresse à son éducateur référent ;

~ Les contrats sont faits par le chef de service en présence de l’éducateur référent ou en présence du demandeur (ex. : assistant de direction associé au contrat, car c’est la personne qui donne ensuite son avis sur le travail effectué : les objectifs de base et la commande ont-ils pu être respectés ?).

 

Sur le plan financier : Le projet a été réalisé sur le budget « Vie sociale » de l’établissement.

 

Sur le plan technique et matériel : Les fiches annonces et les modèles de « contrat » ont été créés en interne.

  1. Quelle évaluation faites-vous aujourd’hui de cette action?

Les objectifs que nous avions au départ ont été largement atteints : l’équipe et les résidents étaient prêts à ce changement de regard, mais n’avaient pas encore les outils ; c’était une préoccupation présente, et le « contrat » a été comme une façon de démontrer cette valorisation des tâches réalisées par les résidents.

 

Ce projet a amené de nombreux outils et axes d’accompagnement pour aider à se préparer au monde du travail, en répondant à certaines exigences.

 

Il s’agit bien d’une démarche volontaire : cela peut être une personne ayant envie de se proposer pour une tâche ; parfois, un résident peut être fortement encouragé car l’équipe a la sensation qu’elle pourrait se réaliser au travers de cette tâche et que cela lui serait bénéfique ; ainsi, la tâche est expliquée, et l’on partage avec le résident cette conviction que cette tâche est à sa portée ; l’équipe a ainsi pu aller ‘chercher’ les gens, les solliciter (« on aimerait que tu fasses ce contrat de travail ») ; l’initiative de la candidature peut avoir lieu dans les deux sens.

 

Pour d’autres résidents, la notion de travail n’a pas de sens, de valeur ; pour eux, la NAPE n’a pas eu d’intérêt sous cet angle : ce contrat n’est pas la bonne façon d’éveiller leur intérêt ; c’est plutôt la tâche en soi qui fait sens à leurs yeux (le « contrat » n’apporte pas de valeur ajoutée à la façon dont ils se considèrent). Pour certains, c’est donc le fait de confier une mission qui fait sens ; et pour d’autres, c’est la formalisation (« contrat ») de cette mission.

Être exigent avec les personnes peut les pousser à se dépasser : avoir signé un contrat, s’être engagé dans une mission ou tâche, a montré que symboliquement les résidents se sont engagés davantage et ont souhaité se montrer qu’ils ont la capacité de réussir.

 

Nous pensons que cette action peut être reproductible partout, même dans une MAS [Maison d’Accueil Spécialisé], avec un degré différent, et à partir du moment où cela a du sens pour la personne.

 

Quelques conseils de l’équipe :

  • S’assurer que l’établissement / l’association a les moyens de financer les rétributions. En effet, c’est un préalable souhaitable, car une fois le projet lancé, on a créé la dynamique et l’envie, mais l’on risque de se confronter à la limite financière… au début, 2 personnes ont bénéficié d’un « contrat », il n’était pas question de financement ; mais après, avec le grand succès de la « NAPE », le financement des contreparties a été une question émergente.
  • Partir d’une évaluation des besoins des personnes ; en effet, le projet est pertinent si cela fait partie d’un vrai besoin des personnes.
  • Comme dans tout projet, cette idée de « NAPE » paraissait un peu folle au début, quand on en a parlé les premières fois… il faut y croire, avant même que le projet soit présenté aux résidents et qu’ils puissent y adhérer ; l’équipe doit croire au bien-fondé, à l’importance des projets ; après les résidents s’en saisissent et le projet peut vivre bien au-delà de l’équipe et de l’établissement ; c’est bien sûr sur cette envie et cette motivation de faire vivre les projets que l’on peut se lancer.

 

Réalisé par Mme Sonia DOELLO VICHI précédemment Chef de Service au CITL Les Robinsons, actuelle Chef de Service au Foyer Intégré "La Maison Heureuse" et Mme Véronique LEUENBERGER actuelle Chef de Service au CITL Les Robinsons

Langue d'origine : Français
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