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L'Art-thérapie, une exploitation du potentiel artistique dans une visée thérapeutique, le témoignage d'une art-thérapeute, maman d'une enfant atteinte de TED.

  • Vie sociale et quotidienne
  • Europe : France
  • Témoignage

Par Valéria Fauquié Subrin le 04/03/2011

 

 

  • Pourquoi avoir choisi l’Art-thérapie ?

 

Je travaille au sein du Centre kamala situé à Pézenas. Le centre a été créé en 2010 et propose des activités de psychothérapie, relaxation, sophrologie et art-thérapie. Cette dernière se décline en différentes rubriques : théâtre, écriture, musique et peinture. En ce qui me concerne, je pratique uniquement la peinture. Même si les autres supports sont loin de me déplaire, la peinture reste sans aucun doute le domaine dans lequel je suis le plus compétente et épanouie !

 

Pauline, ma fille qui est atteinte d’autisme, a bénéficié, à un moment donné de sa vie, de séances d’art-thérapie. A l’époque, je ne connaissais même pas l’existence de cette « thérapie » et j’avais de nombreux doutes sur l’efficacité de celle-ci.

 

Pauline se rendait à ses séances, peignait des choses magnifiques, mais je ne comprenais toujours pas l’utilité de cette soi-disant « thérapie ». Puis un jour ce fut la révélation.

 

Pour les personnes autistes, les notions de temps et d’espace n’ont aucune signification. Lors d’une séance, l’art-thérapeute avait demandé à Pauline de peindre sa chambre. Il en était résulté une feuille représentant son papier peint. Mais au bout de 6 mois seulement, Pauline a pris conscience de la notion de perspective et a dessiné sa chambre de la sorte. L’art-thérapeute lui avait montré des tableaux de grands peintres, notamment Van Gogh et c’est en les observant que Pauline a pu comprendre ces notions de perspective, de volume.

 

Cela a changé sa vision et l’a évidemment fait évoluer. C’est donc à partir de là, que j’ai véritablement compris l’utilité de cette thérapie. J’ai ainsi entrepris de passer un Diplôme Universitaire d’art-thérapie. J’ai également participé à plusieurs formations sur les méthodes ABA, et je me suis énormément documentée, notamment en lisant une quantité de livres impressionnante sur le sujet.

 

Le Diplôme Universitaire d’Art-thérapeute aborde surtout l’art-thérapie sous l’angle  des personnes atteintes d’Alzheimer et des personnes en fin de vie. Mais bien entendu, l’Art-thérapie n'est pas uniquement réservée à ces catégories. C’est un accompagnement thérapeutique de toute personne se trouvant potentiellement en difficulté, au travers de ses productions artistiques.

 

 

  • En quoi consiste l’Art-thérapie ?

 

L’Art-thérapie n’est autre qu’un apprentissage par l’art, censé permettre au patient de réaliser un changement positif dans sa vie et d’acquérir une meilleure appréciation du monde qui l’entoure.

 

L’Art-thérapie doit permettre l’exploitation du potentiel artistique dans une visée thérapeutique. L’objectif est donc d’évacuer les souffrances.

 

Selon Pauline, mon activité d’art-thérapeute consiste à  « mettre des couleurs dans la tête des gens »…Et je n’ai à ce jour pas trouvé de meilleure définition !

 

 Au centre Kamala, le public est surtout adulte. La démarche doit être volontaire, la personne doit venir d’elle-même. L’art-thérapie, perçue comme une activité de détente, a meilleure réputation que la psychothérapie. En effet, les personnes fuient cette dernière et à travers l’art-thérapie elles acceptent mieux l’idée de se faire suivre et finissent par entamer une psychothérapie. Il nous appartient vraiment, en tant qu’art-thérapeutes, de les convaincre de la nécessité de cette psychothérapie.

 

  • Des œuvres pour extérioriser ses émotions

 

Apprentissage par l’art ne signifie pas pour autant apprendre à peindre ou à dessiner. Il faut plutôt parler d’apprentissage de la vie par le biais de l’art. Le but du jeu est que la personne extériorise au maximum ce qui lui pèse, qu’elle évacue ses souffrances.

 

C’est ensuite à moi de la diriger pour utiliser au mieux ces images, qui sont à la base de sa souffrance. Les images noires au départ doivent devenir, au fur et à mesure, colorées. Parfois un échange oral a lieu, mais pas souvent.

Une fois l’œuvre réalisée, il faut arriver à l’expliquer, à extérioriser ce qui ne va pas. Etre créateur fait du bien, il faut faire sortir ce que chaque personne possède à l’intérieur d’elle-même.

 

  • Le déroulement d’une séance d’art-thérapie

 

Les ateliers durent une heure et demie, au terme de laquelle je reprends chaque œuvre afin d’écrire à son propos. C’est un peu comme réaliser un commentaire de texte sauf qu’il s’agit en l’espèce d’une œuvre visuelle.

 

Il arrive qu’un thème soit donné lors d’une séance, mais cela reste assez rare car le but n’est pas d’imposer. Si l’on impose trop, on prend le risque de frustrer la personne en cas d’échec.

 

En aucun cas le but ne doit être de réaliser quelque chose de « beau ». Le but est uniquement thérapeutique, la personne va créer de façon consciente ou inconsciente une œuvre d’art et participer à cette expérience esthétique doit lui permettre d’éprouver toutes sortes d’émotions et de bien-être.

 

 

  • Les moyens du centre

 

Les intervenants ne perçoivent pas de salaires mais des prestations puisque nous travaillons en tant que libéraux. Je cours beaucoup, évidemment, car je dois également gérer mon autre poste dans l’insertion.

 

Le centre dispose d’une personne pour chaque discipline, à savoir une psychothérapeute (psychothérapie + relaxation) et une sophrologue. Les séances ne désemplissent pas. Le centre étant une association à but non lucratif, nos tarifs restent très bas et défient toute concurrence.

 

  • De nombreuses satisfactions et peu de difficultés !

 

Les satisfactions résident dans le bien-être que je peux apporter aux personnes. Et il n’y a rien de plus agréable que de pouvoir transmettre son savoir-faire aux autres.

 

Les personnes qui participent aux séances d’art-thérapie se sentent vraiment valorisées. Lorsque certaines d’entre elles arrivent le teint gris, les traits tirés, et qu’elles repartent transformées, détendues, lumineuses, légères, rien ne peut me rendre plus heureuse. C’est impressionnant le changement que l’on peut constater sur une heure et demie, on peut ainsi parler de véritable « renaissance » de la personne.

 

Travailler avec des autistes est un éternel apprentissage, une découverte sans fin. Les petits peuvent être plus déstabilisants en raison des périodes de crises parfois agrémentées de hurlements et les adolescents, du fait de cette période ingrate, sont difficiles. Mais quand on est en période de confidence, ils sont extraordinaires.

 

Je n’ai pas été confronté à des refus car rien n’est imposé en art-thérapie. De ce fait, les difficultés sont rares !

 

Prochainement, je vais ouvrir des ateliers pour enfants, ado et adultes autistes, au sein du centre Kamala . Le 2 avril 2011, j'ai ouvert un débat à ce sujet à la salle Bonnafou à Pézenas et ai présenté la création de ces ateliers. L'entrée était de 3 € qui furent mis au profit de ce projet.

 

 

 

 

 

 

 

 

Langue d'origine : Français
Emeline
09/11/2014 16:17
Très bel article, qui me sert de support pour une fiche de lecture universitaire de psychologie. Merci
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